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Aliments ultra-transformés : pas d’indicateur fiable

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Dans un rapport paru le 30 janvier sur le concept d’aliments ultra-transformés, l’Anses (agence sanitaire/réglementaire) constate « l’absence de définition consensuelle » et donc l’impossibilité de trouver un indicateur fiable sur lequel asseoir des politiques de santé publique. Sur dix indicateurs examinés, des études associent un sur-risque de maladies chroniques non transmissibles (MCNT, dont diabète de type 2, surpoids, cancer du sein, cancer colorectal…), pour sept d’entre eux, mais avec un « poids de preuve faible ». Même le plus couramment utilisé, l’indicateur brésilien Nova souffre d’un « manque de reproductibilité », et certains manquements comme l’absence de la prise en compte du risque d’apparition de substances néoformées, « qui constitue un des éléments de base objectivables ». Si bien que l’Anses considère que « cette classification, ni aucune autre étudiée, ne peut servir directement de base à la construction d’outils de prévention des MCNT, tels que des recommandations ou une inclusion dans un mécanisme de catégorisation ».

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Le sujet n’est pas neuf. En juin 2022, des chercheurs de la Société française de nutrition, de l’Inrae, de l’Inserm et de trois autres organismes (1) avaient plaidé pour la création d’un nouveau système de classification des aliments selon leur niveau de transformation, soulignant la faiblesse de l’indicateur Nova. La France s’était donné l’objectif de réduire de 20 % la consommation de ces produits entre 2018 et 2022. En conclusion, l’Anses ne rejette pas complètement le concept, et invite à poursuivre les travaux « associés à » l’ultra-transformation, en analysant « la présence dans l’offre alimentaire d’aliments à apport énergétique élevé », la « formulation des aliments facilitant la consommation de portions inadaptées », et les « conditions de consommation que le type d’aliment favorise : alimentation rapide, déstructuration temporelle des prises, environnement social… »

Preuve trop faible pour asseoir les politiques de santé publique