Allo Resto, pionnier français de la restauration livrée par internet, évolue désormais dans le giron du groupe Just Eat, basé à Londres. Dans un secteur en pleine ébullition, la société compte sur sa force de frappe pour asseoir sa position de leader et développer le marché.
Alors que de nombreuses nouvelles offres se développent (Deliveroo, Take Eat Easy, Foodora, Frichti, le Zeste…), Allo Resto, leader français de la restauration livrée, entend bien consolider sa position de numéro un et se développer fortement en France. Jusqu'ici, Allo Resto ne faisait que mettre en relation des restaurants assurant eux-mêmes la livraison et des clients, avec un gain de chiffre d'affaires de l'ordre de 30 % en moyenne au bout de six mois pour les restaurants référencés. Désormais, la plateforme web propose également un service de livraison au restaurateur (moyennant une commission de 30 % par rapport aux 12 % habituels). C'est ce service clé en main qui est proposé aux restaurants gastronomiques souhaitant développer la restauration livrée. Ils sont déjà 40 à Paris et 25 à Bordeaux à tenter l'expérience. « Notre modèle reste celui d'un apporteur d'affaires, mais nous développons de nouveaux services. La restauration livrée haut de gamme n'est qu'un segment du marché », a expliqué Gilles Raison, directeur général d'AlloResto lors d'un point presse le 14 octobre à Paris.
ALLO RESTO, UN ACTEUR HISTORIQUE DU MARCHÉ EN FRANCE
Si l'émergence de nouveaux acteurs ces derniers mois pousse sans doute Allo Resto à évoluer, pas question pour autant de s'aligner complètement avec la concurrence. Certains font appel à des chauffeurs non salariés, sur le modèle d'Uber, un modèle que récuse Allo Resto. « Il y a une forte incertitude juridique dans ce domaine, relève Sébastien Forest, fondateur d'Allo Resto. Pour les livraisons que nous assurons, nous préférons travailler avec un prestataire spécialisé dans la logistique, qui salarie les livreurs. » De fait, la requalification de certaines prestations en contrats de travail pourrait mettre à mal certains modèles économiques, un risque qu'Allo Resto ne veut pas prendre. Il faut dire que l'entreprise a beau avoir des allures de start-up, elle existe depuis 1998 et n'a plus cessé d'être rentable depuis 2004. Sébastien Forest, son fondateur, s'est adossé au groupe Just Eat en 2012 et a cédé la direction opérationnelle de l'entreprise cette année. Encore présent au capital à hauteur de 20 % (1), il continue de siéger au conseil d'administration mais veut aujourd'hui développer de nouvelles activités.
LA FRANCE EST STRATÉGIQUE POUR JUST EAT
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C'est donc sur les épaules de Gilles Raison, ancien d'Amazon et créateur du site Rushcollection.com, revendu à la Redoute, que repose la responsabilité du développement des activités en France. Car le groupe Just Eat a de fortes ambitions dans l'Hexagone. « Nous avons commencé au Danemark où notre part de marché sur la restauration livrée atteint 40 %. Au Royaume Uni, nous nous sommes développés très rapidement, et notre part de marché, bien qu'inférieure à 20 %, est importante. En France, Allo-Resto pèse moins de 10 % du marché, mais le potentiel de développement est considérable. Aujourd'hui, le marché pèse 1 milliard d'euros, contre 7 milliards d'euros au Royaume Uni », analyse Adrian Blair, directeur opérationnel de Just Eat.
Présent dans une quinzaine de pays (par des implantations et des acquisitions, en Europe mais aussi au Brésil, au Canada, ou encore en Australie) (1), le groupe, coté à Londres depuis l'an dernier, a réalisé un chiffre d'affaires de 157 millions de livres en 2014 (218 millions d'euros), avec des marges en forte progression. Il recensait 45 000 restaurants, dont 3 500 en France, à la fin de l'année et emploie 1 500 personnes, dont 60 en France. Au premier semestre, le chiffre d'affaires du groupe a augmenté de 54 %, et en France (2), la progression a été encore plus soutenue.
(1) En 2012, Just Eat prend une participation minoritaire dans Allo Resto, avant de monter à 50 %, puis 80 % en 2014.
(2) Just Eat communique les résultats du Royaume-Uni et du Danemark, mais pas ceux de la France, comptabilisée avec les autres pays.