Abonné

Poulet grand export Almunajem prend 25% du capital du volailler Doux

- - 3 min

Le groupe saoudien Almunajem a choisi de convertir sa créance en parts du capital du volailler breton Doux, dont il devient actionnaire minoritaire à 25%. Cette annonce s'inscrit dans une volonté des pays de la péninsule arabe, depuis la crise alimentaire de 2007, d'assurer leur sécurité alimentaire en se concentrant sur les investissements dans les filières alimentaires de pays stables.

Le groupe saoudien Almunajem a confirmé son engagement auprès du volailler Doux, son partenaire depuis 40 ans, en prenant 25% de son capital, annonce le groupe breton dans un communiqué du 20 octobre. Almunajem a décidé de « convertir sa créance et de souscrire à une augmentation de capital, représentant in fine 25% du capital » du volailler, précise le groupe. Le capital du volailler est désormais détenu à 25% par Almunajem et à 75% par la société D&P, holding de la famille Calmels. Doux avait été placé en redressement judiciaire en juin 2012, et un plan de continuation a été validé fin novembre 2013. Ce plan reposait sur un accord de recapitalisation prévoyant que la société D&P devienne l'actionnaire majoritaire avec 52,5% du capital. À ses côtés, devait également entrer au capital Almunajem (25%), tandis que la famille Doux devait garder 22,5% des parts, contre 80% auparavant.

Des achats d'entreprises plutôt que de terres

Cette prise de participation s'inscrit dans un changement de stratégie des pays de la péninsule arabe en matière de sécurisation des approvisionnements alimentaires, analyse Matthieu Brun, chercheur en politiques agricoles à l'Iddri (Institut du développement durable et des relations internationales). Après s'être lancé, au travers de fonds souverains comme celui d'Abu Dhabi ou du Qatar, dans des achats de foncier à l'étranger (notamment au Soudan ou en Egypte) au lendemain de la crise alimentaire de 2007, et s'être vus accuser par la suite « d'accaparement des terres », ces pays ont, selon lui, recalibré leur stratégie en choisissant plutôt d'investir directement dans des entreprises étrangères de la filière alimentaire. « Ces investissements dans la filière alimentaire semblent moins problématiques que les investissements dans des terres vierges dans des pays à risque, et devraient être plus fréquents à l'avenir », confirme le chercheur espagnol Eckart Woertz, auteur de l'ouvrage Food for oil en 2013.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

sécurité
Suivi
Suivre
actionnaire
Suivi
Suivre

Des investissements dans des pays stables

« Il y a eu beaucoup moins d'investissements fonciers que ce que les médias ont décrit, tout spécialement dans les pays en situation d'insécurité alimentaire où les pays du Golfe ont très peu investi. Ils ont privilégié les investissements en Australie, en Argentine ou aux Etats-Unis », analyse Eckart Woertz. À titre d'exemple, le groupe saoudien Al Maraï a investi en Argentine en 2011 dans l'entreprise Fondomonte, qui produit de l'aliment pour bétail, et en Arizona en mars dans la production d'Alfalfa (luzerne), pour approvisionner ses élevages laitiers implantés dans le pays. Dans la même perspective, le groupe qatari Hassad Food a investi dans la production d'agneaux et de céréales en Australie.