Les fonctionnaires et les députés européens qui se consacrent à l’agriculture ne sourient guère ces temps-ci. Les premiers sont pris dans une de ces opérations de mobilité, restructuration et finalement réduction du personnel dont la Commission de Bruxelles s’est fait une spécialité – et qui ébrèche sérieusement leur motivation. Les seconds commencent à s’apercevoir que l’exécutif, compte tenu de l’aversion de son président Jean-Claude Juncker pour l’accumulation de législations, veut faire passer des modifications de la Pac dans une proposition de révision budgétaire mastodonte sur laquelle ils n’ont a priori pas la main. C’est dans ce contexte peu porteur que le commissaire européen chargé du secteur, Phil Hogan, a fait part de son intention de « publier l’été prochain des options politiques » pour « alimenter » le débat sur l’avenir. Cette annonce surprise a été faite – ce n’est pas un hasard – au détour d’une conférence organisée sur le thème « Un budget de l’UE axé sur les résultats ». Amorcée lors de la grand-messe de Cork sur le développement rural, début septembre, la réflexion sur la Pac future sera menée en même temps que celle sur le cadre financier pluriannuel de l’Union après 2020. Chargée du budget et des ressources humaines, la vice-présidente de la Commission Kristalina Georgieva (qui se consacre maintenant à sa candidature au poste de secrétaire général de l’Onu) a déjà averti qu’« il va falloir faire des choix ». Et pour cela, a-t-elle précisé, déterminer entre autres si la Pac réformée apporte une véritable valeur ajoutée européenne et si le principe du verdissement des aides fonctionne. Un verdissement qui avait été l’argument principal pour maintenir le budget de l’agriculture lors de la précédente réforme budgétaire. L’histoire se répète. Et pas dans le meilleur climat.
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