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Performance énergétique Améliorer son autonomie alimentaire pour faire des économies d’énergie

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La performance énergétique concourt fortement à la compétitivité des élevages. Et la volatilité du cours du pétrole risque d’accentuer cette situation dans les années à venir. Selon les études récentes de l’Institut de l’élevage, présentées le 13 octobre, la principale consommation d’énergie se fait sous forme indirecte au travers de l’alimentation animale et de la fertilisation. Une meilleure autonomie fourragère et azotée des exploitations permettrait des économies importantes.

À l’avenir, avec la volatilité du prix du pétrole mais aussi la montée en puissance de la taxe carbone, « plus les entreprises agricoles seront dépendantes de l’énergie, moins elles seront compétitives », estime Jérôme Mousset, spécialiste de l’agriculture à l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Et selon lui, « plus les éleveurs s’y adapteront tard, plus le réveil sera difficile ». D’où l’intérêt de la journée organisée par l’Institut de l’élevage sur « les performances énergétiques des exploitations d’élevage herbivores », mardi 13 octobre. Premier résultat important des études menées auprès des réseaux d’élevage : les énergies indirectes (alimentation animale, fertilisation minérale) représenteraient plus de 60% de la consommation énergétique des exploitations d’élevage bovin (viande et lait).

Le bio consomme peu d’énergie indirecte
Dans la filière bovine viande, l’alimentation pèse pour 35% des consommation d’énergies et la fertilisation pour 24% Dans le secteur laitier, l’énergie directe a un peu plus de poids (43%) du fait de la consommation d’électricité du bloc traite. « Des marges de progrès importantes sont donc possibles pour les élevages, en améliorant leur autonomie fourragère notamment », a indiqué Emmanuel Béguin, chef de service Actions régionales Nord-Ouest à l’institut de l’élevage. Finalement les élevages en agriculture biologique, souvent montrés du doigt pour leur consommation importante de carburants (désherbage mécanique, petites parcelles…), s’en sortent bien. Avec moins d’utilisation d’aliments concentrés et de fertilisant, le bilan énergétique de la production de viande et de lait bio (rapporté au Kg de viande ou au litre de lait) est le plus faible en comparaison des autres systèmes.

Des marges de progrès importantes
Quels que soient les systèmes étudiés (naisseur foin, naisseur maïs, naisseur engraisseur, lait de montagne…), ils présentent tous de forts écarts de consommation énergétique selon les exploitations. La variabilité à l’intérieur des groupes est bien supérieure à la variabilité entre systèmes, ce qui prouve qu’il existe des marges de progrès importantes. « Une bonne valorisation des engrais organiques et un recours aux légumineuses (fixatrices d’azote) peut permettre des économies de plus de 50% sur le poste fertilisation », a noté Hélène Chambaut, chef de projet environnement à l’Institut de l’élevage. Sur le volet alimentation, les études prouvent qu’une utilisation modérée des concentrés, une bonne valorisation des fourrages et la production de concentrés céréaliers ou protéagineux sur l’exploitation peut conduire à une baisse de 50 à 80% de la consommation d’énergie de ce poste. « Les exploitations les plus performantes énergétiquement sont aussi celles qui sont les plus efficaces économiquement. Et dans 85% des cas c’est la consommation d’énergie indirecte qui fait la différence », constate Emmanuel Béguin.

Entretenir le matériel
La diminution de ces énergies indirectes promet des économies importantes mais suppose une modification profonde de la conduite des exploitations. Par contre les énergies (directes) des bâtiments d’élevage, même si elles ne représentent que 20% environ des consommations en production laitière, peuvent être facilement réduites. Le simple entretien régulier des condenseurs d’un tank à lait peut conduire à une économie de 5 à 25% de la consommation électrique de ce matériel. « Sans le moindre investissement, il est possible de diminuer de près de 40% la consommation du bloc traite », a indiqué Vincent Corbet, chef de projet « équipements de « l’Institut de l’élevage. Et de conclure : « Le premier pas d’économie reste l’entretien ».

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