Pour la première fois en dix ans, la pauvreté dans les zones rurales d’Amérique latine et des Caraïbes a augmenté de deux millions de personnes entre 2014 et 2016, pour atteindre un total de 59 millions, selon des données présentées par la FAO le 21 novembre à Buenos Aires. De 1990 à 2014, la pauvreté rurale dans la région avait pourtant diminué de près de 20 %, passant de 65 % à 46 % de la population concernée. Mais, entre 2014 et 2016, la pauvreté et l’extrême pauvreté ont augmenté de 2 % pour atteindre respectivement 48,6 % et 22,5 %, constate la FAO, précisant que la dernière fois que la région a connu un revers de cette ampleur date des effets de la crise financière internationale de 2008.
L’une des principales causes des phénomènes de migration involontaire en Amérique latine trouve d’ailleurs son origine dans le désespoir et dans la destruction des zones rurales en raison de la pauvreté, de l’insécurité et de la vulnérabilité environnementale, note FAO.
L’agence de l’Onu avance cinq solutions pour lutter contre la pauvreté rurale : améliorer l’efficacité du secteur agricole, le rendre plus inclusif et durable ; développer les programmes de protection sociale ; favoriser la gestion durable des ressources naturelles ; promouvoir les emplois ruraux non agricoles ; améliorer les infrastructures.
Sécurité alimentaire : soutien de l’UE à trois projets de la FAO
La FAO a annoncé le 23 novembre un don de 12 millions € de l’UE pour le soutien de trois programmes conçus pour s’attaquer aux divers aspects de la sécurité alimentaire et du développement rural et menés avec d’autres agences partenaires basées à Rome, le Fonds international de développement agricole (Fida) et le Programme alimentaire mondial (Pam).
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Ces programmes visent à « autonomiser » les femmes rurales en raison de leur rôle clé en matière d’amélioration de la nutrition et de la sécurité alimentaire, à renforcer les mécanismes de gouvernance liés à la sécurité alimentaire mondiale et à mieux exploiter les financements issus du secteur privé pour soutenir les projets de développement agricole.
L’UE reste le principal fournisseur de ressources de la FAO, représentant avec ses États membres 45 % du budget de cette agence de l’Onu. En 2017, la contribution de l’UE a atteint 239 millions €.
Le 26 novembre, les ministres du développement des Vingt-huit ont adopté des conclusions rappelant l’engagement de l’UE et de ses États membres à lutter contre la faim et toutes les formes de malnutrition.
Et le 28 novembre, la Commission européenne a lancé un nouveau « Centre de connaissance pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle mondiale », lieu virtuel de rencontre d’experts et d’échange de connaissances issus de sources internes et externes.