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Biotechnologies Amflora ne présente pas de risque… mais pas d’intérêt non plus, selon le HCB

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Suite à la décision de la Commission européenne d’autoriser la culture au sein de l’Union de la pomme de terre OGM Amflora, le Haut Conseil des biotechnologies (HCB) a rendu le 28 juillet son avis sur la question. Selon lui, la culture en plein champ de cette variété ne présente pas de risques pour l’environnement et la santé humaine. Mais le HCB souligne également l’absence d’intérêt économique pour les producteurs.

La pomme de terre Amflora ne présente pas de risques notables pour la santé humaine et l’environnement, estime le Haut Conseil des biotechnologies (HCB) dans son avis rendu mercredi 28 juillet. Mais le HCB souligne l’absence d’intérêt économique de cette nouvelle variété enrichie en amylopectine destinée à l’industrie (papier, colle…) et dont les co-produits peuvent être utilisés en alimentation animale. Le HCB avait été saisi le 11 mars dernier par les pouvoirs publics de cette question suite à son autorisation de mise en culture par la Commission européenne (une première depuis l’autorisation accordée au maïs MON810 en 1998).

Pas une solution aux difficultés économiques

Sur le plan sanitaire, le CS estime que la présence d’un gène de résistance à des antibiotiques dans la pomme de terre ne devrait pas avoir d’influence sur les équilibres des populations bactériennes existantes compte tenu de « la présence naturelle de cette résistance dans l’environnement et dans la flore bactérienne de l’homme et des animaux ». Pour ce qui est de son intérêt économique, le Comité économique, éthique et social (CEES) souligne que d’autres variétés de pomme de terre, non OGM, sont déjà ou seront bientôt sur le marché et permettent d’obtenir un taux d’amylopectine comparable à celui d’Amflora. La plupart des membres du CEES estiment que dans la situation actuelle, la pomme de terre de BASF, dont les débouchés sont en tout premier lieu des papetiers, ne constituera pas une réponse aux difficultés économiques traversées par la filière féculière.

En attente du décret définissant le « sans OGM »

Si l’autorisation de mise en culture d’Amflora était décidée par le gouvernement, le HCB se dit incapable de proposer des règles de coexistence entre productions OGM et conventionnelles tant que le décret définissant les critères « sans OGM » ne sera pas publié. Selon le Comité scientifique (CS) du HCB, « le risque de pollinisation de plants de pomme de terre de parcelles voisines est limité et pourrait être contrôlé par des mesures appropriées (distances inter-parcellaires, contrôle des insectes des parcelles transgéniques) ». Les repousses pourraient être éliminées par un travail du sol ou l’utilisation d’herbicides, et leur absence des filières non OGM garantie par des rotations d’une durée adaptée. En cas d’autorisation, le Comité économique, éthique et social demande quand même que l’ensemble des impacts sanitaires, économiques et sociaux fasse l’objet d’un suivi.
La balle est désormais dans le camp du gouvernement. Cet avis servira en effet aux pouvoirs à prendre une décision sur la mise en culture d’Amflora. « A ce stade, néanmoins, aucun opérateur ne souhaite développer cette culture en France », précisent dans un communiqué du 28 juillet les ministères de l’Agriculture, de la Recherche et du Développement durable. De toute façon, la mise en culture d’Amflora devra attendre la publication du décret de définition du « sans OGM » qui permettra alors d’établir les critères de coexistence entre filières. Les producteurs français vont encore devoir attendre avant de pouvoir la cultiver.

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