Abonné

Amoéba avance dans la production industrielle de son agent de biocontrôle à base d'amibes

- - 4 min
Des amibes utilisées par Amoéba dans la fabrication de produits de biocontrôle pour les plantes Crédits : © amoéba

  Amoéba qui a développé un agent de biocontrôle pour le traitement des plantes en agriculture à base de lysat d’amibes va construire un nouveau site de production dans le Vaucluse. La biotech est en phase de pré-commercialisation.

Mi-février 2023, la biotech Amoéba spécialiste dans le traitement du risque microbiologique dans les secteurs de l’eau, de la protection des plantes et de la santé, a déposé le permis de construire d’une usine à Cavaillon, dans le Vaucluse. Ce site industriel éco-responsable, respectueux de son environnement et autonome en énergie sur plus 3 000 m², « sera dédié à la bio-production de son agent de biocontrôle en vue de la commercialisation de ses produits de protection des plantes annoncée pour début 2025 », explique l’entreprise, créée en 2010 et cotée sur Euronext Growth. Les solution de biocontrôle proposées par Amoéba, reposent sur les propriétés naturelles de l’amibe Willaertia magna C2c Maky, qui sont utilisées comme alternative aux pesticides. « Nous avons mis au point un lysat d’amibes (amibes mortes, coupées en morceaux, ndlr) qui s’utilise sous forme de poudre ou sous forme liquide (un développement sous forme granulés est également en cours, ndlr) dans la protection des plantes contre différentes maladies, notamment l’oïdium et le mildiou, et avons réalisé à ce jour plus de 500 tests en champs, sur les vignes, la pomme de terre, ou encore en maraichage…, explique Fabrice Plasson, le président directeur général. L’action de nos produits de biocontrôle est double, non seulement il stimule les défenses naturelles de la plante, mais le lysat d’amibes agit également sur le champignon en venant inhiber la germination des spores. En plus de stimuler la plantes, le produit a donc un effet prophylactique ». Les essais réalisés depuis 2019 par l’entreprise « ont permis de mesurer les efficacités de l’ordre de 50 à 80% sur le mildiou de la vigne même en situation de forte pression de maladie », indique-t-elle.

Un plan d’industrialisation de 45 M€

Sur son prochain site, Amoéba prévoit d’atteindre une capacité de production de 200 tonnes de produits finis - soit 40 tonnes de substance active – « en vue de couvrir les marchés cibles prioritaires, à savoir la vigne, les cultures maraîchères et les plantes aromatiques », explique-t-elle. « 40 tonnes de substances actives permettent de traiter 100 000 hectares », précise Fabrice Plasson.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Le plan d’industrialisation d’Amoéba « représente un coût total de 45 millions d’euros, dont 23 millions en capex et 22 millions en dépenses opérationnelles sur la période 2023-2025 », explique le dirigeant. Fin janvier 2023, la société a renoncé à l’émission de la 8° tranche optionnelle d’obligations convertibles en actions initialement prévue au contrat. Elle a conclu un accord d’accompagnement avec la société Redbridge Debt and Treasury Advisory pour l’assister dans sa recherche d’une solution financière adaptée à ses nouveaux enjeux industriels. « Un phasage du financement est possible, nous recherchons un équilibre entre equity et bancaire, en complément d’aides financières européennes ou nationales. A nous de trouver d’ici la fin de l’année, la structuration de financement la plus équilibrée » estime Fabrice Plasson.

En novembre 2022, la société a annoncé que l'Agence américaine pour la protection de l'environnement (US EPA) avait approuvé l’utilisation de son lysat d’amibes « comme substance active utilisable en protection des plantes ». Quelques mois plus tôt, cette même substance avait été recommandée par l’Autriche « pour un usage en protection des plantes sur le territoire européen » auprès des autres Etats membres et de l’Efsa. Cette recommandation positive laisse augurer une prochaine AMM sur le vieux continent.