Avec ses fondants au chocolat et ses omelettes norvégiennes, l’entreprise de desserts glacés du Gers a mis l’eau à la bouche du groupe Andros, qui s’est laissé tenter. Pour Frédéric Gervoson, son p.-d.g., le rachat de Prolainat, une PME en bonne santé au chiffre d’affaires proche de 36 millions d’euros, est une manière de se diversifier sur le marché des desserts surgelés. L’entreprise de glaces individuelles et de gâteaux glacés devrait bénéficier des moyens financiers d’Andros, et voir, à la suite des entremets Bonne Maman, ses activités se développer à l’exportation.
Discret mais dynamique, le groupe Andros a plus d’un coup dans son chapeau. En toute intimité, la société familiale vient de mettre la main sur le spécialiste de « l’art du dessert glacé », Prolainat (contraction de Produits laitiers naturels), propriété d’Etienne de Scorraille, neveu du fondateur, et directeur général de l’entreprise depuis une vingtaine d’années. Citrons givrés, fraisiers, succès aux noix et autres pâtisseries ont fait la réputation de cette entreprise du Gers, dont le chiffre d’affaires, en progression annuelle de 15% au cours des dix dernières années, s’est établi à 35,5 millions d’euros en 2004. Pour Andros, la proie était alléchante. « Le surgelé sucré est un marché qui nous intéresse, confirme Frédéric Gervoson, p.-d.g. d’Andros, et Prolainat est séduisante . Il y a deux ans, nous l’avions croisée sur notre chemin, mais nous étions pris par ailleurs». Cette fois-ci, l’entreprise du Lot a sauté sur l’occasion, une belle opportunité de se diversifier dans la fabrication de desserts surgelés. « Nous sommes dans le lacté avec Mamie Nova, on y a souffert et on a réussi. Beaucoup de travail a été fait en développement depuis quatre ans sur les activités tradifrais (entremets et desserts cuits), notamment sur Bonne Maman. Tout ce savoir-faire présente beaucoup de points communs avec l’avant-surgélation de Prolainat», explique Frédéric Gervoson.
Echange de savoir-faire et investissement
Et du savoir-faire, Andros n’en est pas l’unique détenteur. Prolainat a réalisé de forts investissements depuis 1994 (30 M EUR en 10 ans) qui ont permis à l’entreprise, qui à l’origine produisait des glaces en vrac, de se lancer sur le marché des pâtisseries surgelées. La PME détient aujourd’hui des produits sophistiqués qui lui assurent 80% du marché français des entremets surgelés en MDD et 15 % du marché des glaces individuelles et gâteaux glacés en MDD. Grâce aux 2 % du chiffre d’affaires qui lui sont alloués, le service de recherche et développement crée une centaine de nouveaux produits par an. « Nous avons du savoir-faire à leur apporter, mais ils ont aussi un savoir-faire à partager ; nous amenons également des moyens financiers qui devraient aider», résume le p.-d.g. d’Andros. Une manière aimable de dire que pour passer au cap supérieur, la petite PME a besoin d’investissement. « Nous allons donner à Prolainat à travers le savoir-faire et les finances, les moyens de se développer », affirme Frédéric Gervoson, qui n’exclut pas un investissement prochain pour augmenter les capacités de production.
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Un développement international prometteur
Si l’entreprise de desserts réalise près du tiers de son chiffre d’affaires avec la grande distribution, principalement Carrefour, Intermarché et Leader Price, et 20% avec Picard, c’est l’export qui constituera désormais l’axe de développement stratégique majeur. « Le gros avantage du surgelé, explique encore le p.-d.g. d’Andros, c’est qu’il s’agit d’un marché mondial où il n’y a pas de problèmes de conservation contrairement à l’ultrafrais. Prolainat a déjà des activités à l’étranger (notamment aux Etats-Unis, soit 20% du CA en 2004) mais qui peuvent être largement développées. Sur le marché français, même si nous voulons conserver une bonne part de marché, il y a des opérateurs de qualité, alors ce qui nous intéresse, c’est l’export. Bonne Maman nous a permis de voyager, nous avons déjà des structures ». La croissance de Prolainat à l’international s’appuiera donc certainement sur des synergies, mais à l’instar de ce qui se fait habituellement chez Andros, la PME restera une entité en elle-même, avec ses quelque 300 salariés. Arrivée à sa tête, Véronique Saligny, ex-responsable du segment tradifrais d’Andros, bénéficiera de l’appui de Luc Jeanpierre qui conserve son poste de directeur général adjoint. La politique maison d’organisation en entités distinctes permet à Andros de ne pas devenir une énorme structure guidée en premier lieu par des considérations administratives et procédurales. « Nous sommes avant tout des industriels et nous voulons le rester. Pour cela, les patrons doivent être en permanence près de leur outils de production, près du terrain, et plus on grossit, plus c’est difficile», déclare Frédéric Gervoson. Une manière de justifier la rareté des indications sur les chiffres du groupe Andros. Sa filiale Novandie (Mamie Nova) aurait réalisé un chiffre d’affaires de 490 M EUR en 2004. Le reste restera une énigme.