C’est à une très large majorité (446 voix pour, 7 contre et 29 abstentions) que le Parlement européen a confirmé la nomination de Androula Vassiliou, comme nouvelle commissaire européenne à la santé publique, la sécurité alimentaire et le bien-être animal. Désignée par le gouvernement chypriote, Androula Vassiliou a déjà obtenu l’appui du Conseil de l’UE. Elle devrait rester en fonction au moins jusqu’à la nomination d’une nouvelle Commission, en juin 2009, après les élections au Parlement européen.
Evoquant devant les eurodéputés les prochains dossiers importants qu’elle aurait à traiter, Androula Vassiliou a notamment souligné qu’elle avait l’intention de travailler avec le Parlement et le Conseil pour faire avancer des dossiers tels que ceux portant sur la législation sur les agents améliorants alimentaires, les nouveaux aliments, les propositions relatives aux produits de protection des plantes et à la simplification des règles sur la commercialisation des aliments pour animaux. Interrogée par un parlementaire sur ses intentions en matière de renforcement des contrôles de sécurité alimentaire sur les produits importés de pays tiers « alors que l’Union européenne est le premier importateur de denrées alimentaires », la commissaire a répondu : « Je connais les besoins, je suis consciente du contexte de pénuries et de hausse des prix. J’entends me pencher sur ces questions et prendre des décisions équilibrées ». A une autre question portant sur les obstacles spécifiques qu’elle observe dans l’application de la législation communautaire dans le domaine de la sécurité alimentaire, Androula Vassiliou a répondu que le niveau de transposition dans les législations nationales « est plus faible en raison du caractère complexe, technique et détaillé de la législation ». Néanmoins, a-t-elle ajouté, « les mécanismes existent pour résoudre de telles difficultés » en précisant qu’elle a l’intention de recenser « immédiatement toutes les difficultés qui subsistent et de trouver des solutions appropriées en étroit contact avec les États membres et avec le soutien actif du Parlement ». Pour veiller à ce que la législation communautaire soit pleinement appliquée, elle a assuré qu’elle recourrait, « chaque fois que cela serait nécessaire, aux procédures d’infraction prévues par le Traité ». De surcroît, elle compte également proposer cette année au collège une révision de la structure et des modes de travail des comités scientifiques de la Commission dans ce domaine « afin d’assurer l’accès à une gamme plus grande de savoir-faire, de renforcer le dialogue et l’ouverture envers les intervenants et de veiller à ce que les comités puissent soutenir la Commission en lui fournissant les meilleurs conseils scientifiques ».
Soutien aux travaux de l’AESA
En ce qui concerne l’AESA (Autorité européenne de sécurité des aliments), la nouvelle commissaire a déclaré que cette agence joue un rôle majeur « en fournissant des conseils scientifiques indépendants sur toutes les questions pertinentes en matière de sécurité des aliments, de santé et de bien-être animal et de préservation des végétaux ». La communication en temps voulu de ces avis est très importante, a-t-elle souligné, et il y a lieu de poursuivre l’élaboration de nouveaux instruments et de modes de travail pour s’assurer que l’AESA puisse s’acquitter d’une charge de travail croissante. Dès lors, elle soutient pleinement les efforts conjoints menés avec l’AESA pour élaborer des instruments appropriés centrés sur la planification et l’établissement de priorités de manière à ce que les exigences de la politique de l’UE en matière de sécurité des aliments soient respectées.
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Répondant à une question qui évoquait la situation difficile des éleveurs du fait de la hausse des prix des aliments pour animaux, alors que « l’UE continue de détruire des protéines animales et à importer beaucoup de fourrages », la commissaire Vassiliou a indiqué que la Commission envisageait de soumettre plus tard cette année une proposition sur la possibilité de réintroduire des protéines de porcs dans l’alimentation des volailles et de protéines de volailles dans l’alimentation des porcs. Mais elle a rapidement tenu à rassurer les eurodéputés en soulignant « qu’il ne s’agira pas du tout de revenir sur l’interdiction du cannibalisme entre espèces, ni sur l’interdiction des farines animales pour les ruminants ».