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Angélique Delahaye : « Un répit après la campagne désastreuse de 2009 »

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Dans un entretien avec Agra-Presse à l’issue du congrès, Angélique Delahaye, présidente des Producteurs de légumes de France, explique les raisons de sa confiance dans l’avancée des principaux dossiers légumiers.

Quel bilan dressez-vous de l’année 2010 sur le plan de la commercialisation des légumes ?
Globalement les marchés se sont tenus de façon très correcte et avec des prix rémunérateurs jusqu’au 15 août pour la plupart des produits, sauf le melon. Après cette date, le temps frais pour la saison a freiné la consommation de légumes. La tomate a échappé à cette déprime de fin d’été parce qu’elle avait achevé sa campagne de commercialisation et que la production maraîchère n’a pas été concurrencée par celle des jardins familiaux. Au moment de la rentrée, les fruits et légumes d’automne sont arrivés plus vite que les autres années, se télescopant, tandis que les ménages avaient les soucis financiers inhérents à cette période de l’année, entre la rentrée scolaire et les impôts locaux. Mais après la campagne désastreuse de 2009 qui n’a épargné quasiment aucune production, nous connaissons un répit, que nous comptons mettre à profit en travaillant sur de nombreux dossiers.

Lesquels ?
Comme je viens de le dire au ministre de l’Agriculture dans mon discours, ma « shopping list » (liste de courses) est longue. Il faut en effet, pour rétablir un minimum de compétitivité, résoudre les distorsions de concurrence qui s’exercent du fait des inégalités de coûts du travail salarié et du fait des réglementations phytosanitaires appliquées avec plus ou moins rigueur selon les pays dans l’UE. De plus, il faut que s’accomplisse une révolution culturelle dans la filière des fruits et légumes. Il serait temps que le réflexe ne consiste plus à obtenir du fournisseur le prix le plus bas, mais qu’au contraire chaque maillon cherche à valoriser le produit en aval, en créant de la valeur avec une offre construite.

Etes-vous déçue que le ministre n’ait pas annoncé de mesures précises et n’ait présenté que des orientations ?
Il ne faut pas toujours attendre passivement des mesures de la part des pouvoirs publics. Le ministre de l’Agriculture a tracé des voies. À nous de lui faire des propositions précises. Nous ne manquerons pas de les lui formuler. Nous demanderons à le rencontrer, d’abord sur les coûts du travail, et à ce sujet nous avons au moins deux pistes en tête. Ensuite sur la reconnaissance mutuelle phytosanitaire qui entrera en vigueur dans l’UE en juin prochain et sur laquelle nous serons très attentifs. Enfin sur la commercialisation, sujet qui nous mobilisera encore beaucoup.
À l’issue de ce congrès nous avons l’impression d’avoir un ministre qui comprend nos dossiers. Nous avons des raisons de penser qu’il accueillera nos propositions dans le sens des voies qu’il a évoquées. Et il nous a prouvé en tout cas l’an dernier qu’il était capable de porter un dossier qui était loin d’être gagné d’avance, celui de l’allègement des coûts du travail salarié des saisonniers.

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