Il serait injuste de ne pas reconnaître à Nicole Bricq, ministre du Commerce extérieur, une ferme volonté de relancer la machine exportatrice française et mettre un coup d’arrêt à l’inexorable déclin des parts de marché françaises à l’étranger. Le constat des faiblesses qu’elle dresse n’est certes pas nouveau. Elle qualifie de « novatrice » l’approche visant à coupler l’offre commerciale française à la demande de 47 pays cibles. On peut discuter de ce caractère « novateur », car cette démarche semble plutôt du ressort du simple bon sens. On ne peut en tout cas pas écarter d’un revers de main de telles initiatives, tant les chiffres parlent d’eux-mêmes : ces pays représentent 80% des importations mondiales, celles-ci devant passer de 8 500 milliards d’euros en 2012 à 12 000 milliards ! Des chiffres qui font rêver, notamment pour l’agroalimentaire, ces pays devant représenter 53% des importations mondiales dans dix ans. La direction du Trésor a parfaitement déroulé son analyse quantitative, qualifiée de première étape et son analyse qualitative, deuxième étape, mais reste muette sur la troisième qui est l’analyse du processus de vente. Dans un entretien dans un quotidien national de cette semaine, Michel Rocard regrettait que l’économie soit insuffisamment enseignée dans les écoles de commerce. Il eût pu ajouter, qu’on y enseignait également moins le commerce que la gestion. C’est la que le bât blesse et handicape le plus la France face à des pays à la longue tradition de commerçants, comme les Hollandais ou les Chinois. Il faut également se battre à armes égales. Nicole Bricq mettra peut être un terme à cet angélisme français, car elle souhaite « un mécanisme de financement public direct des exportations, comme le font de nombreux pays européens, lorsque les entreprises françaises ont en compétition avec un concurrent bénéficiant d’un tel soutien ».

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