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Animaux : l’association Red Pill renonce aux vidéos en élevage

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Selon son co-fondateur William Burkhardt, l’association Red-Pill (ex-DxE France) a renoncé à son activité de vidéos clandestines par laquelle elle s’était fait connaître, moyennant plusieurs procès en cours.

Contacté par Agra Presse le 9 novembre, William Burkhardt annonce que l’association Red Pill (ex-DxE France) qu’il a co-fondée va cesser son activité de vidéos clandestines en élevage par laquelle elle s’était fait connaître du grand public. « Nous avons arrêté les vidéos, j’ai fait ce que je pouvais, mais tout est figé, le système nous dépasse […], les gens se moquent de ce qu’ils mangent », explique-t-il. « Certes, les procès ont ralenti notre travail, mais c’est aussi tout un tas d’autres choses qui nous fait arrêter. »

Poursuivie pour au moins quatre vidéos clandestines, son association vient de perdre un second procès en appel, le 3 novembre, pour une vidéo dans un élevage de poules pondeuses dans le Morbihan. Elle est notamment condamnée à supprimer la vidéo et verser 3 000 euros à la victime. Red Pill ne se pourvoira pas en cassation. L’association l’a déjà fait au printemps après une condamnation en appel concernant un élevage de porcs des Côtes-d’Armor. Une audience en Cour de cassation est attendue pour le mois de janvier, dont le résultat devrait valoir pour les autres affaires.

« Pas la bonne manière »

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Fondée en 2018 en tant qu’antenne d’une association californienne, DxE France, devenue par la suite Red Pill, s’était fait une spécialité d’inviter des médias grand public (BFM TV, Kombini, France Télévisions) à participer à leurs vidéos clandestines. La dernière vidéo de DxE remonte au mois de février de cette année. Depuis, estime-t-il, « il n’y a plus de vidéos à faire ; si les gens veulent savoir, ils voient. Et puis les accès sont devenus plus sécurisés, en particulier dans les abattoirs ». Et de conclure : « Je peux admettre que les intrusions dans les élevages n’étaient pas la bonne manière de faire changer les pratiques agricoles, mais c’était la seule que j’avais eu à l’époque. » Le jeune militant semble vouloir tourner la page de l’activisme, pour se consacrer désormais à la « photographie » et à la « permaculture ».

« Ce sont des façons de faire déplorables qui atteignent la personne, la famille et les salariés », témoigne Anne-Françoise Robin-Picard, éleveuse de poules dans le Morbihan et victime d’une intrusion de DxE. « Moralement, c’est catastrophique, car on fait des efforts pour nourrir la France du mieux possible. » D’autant, note-t-elle, que « je suis en transition, je fais du conventionnel, de la volière avec jardin d’hiver et du bio ». Depuis l’intrusion, Anne-Françoise Robin-Picard a placé des caméras sur son exploitation, et certains de ses salariés « ne veulent plus entrer seuls dans l’élevage ». Et de conclure : « C’est vraiment traumatisant, c’est comme un cambriolage ».

« J’ai fait ce que je pouvais, mais tout est figé, le système nous dépasse »