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Annonces au compte-goutte pour les irrigants

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Par une vidéo projetée lors du congrès du maïs à Orléans, la ministre de l’Agriculture a annoncé la reconduction du fonds hydraulique en 2026. Le délégué interministériel a annoncé un cadrage sur l’accompagnement des arrêtés volume prélevable.

À l’occasion du congrès du maïs le 18 novembre à Orléans, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a annoncé, par une vidéo projetée devant les agriculteurs, que le fonds hydraulique était reconduit pour 2026, à la même hauteur qu’en 2025, soit 20 millions d’euros. Auditionnée par les sénateurs de la commission des Affaires économiques le 19 novembre, la ministre a expliqué que ces fonds devaient par la suite être abondés par d’autres voies : « C’est un fonds d’amorçage ; il faudra aller plus loin avec fonds régionaux et européens ». Le fonds hydraulique agricole a été lancé dans le cadre du projet de loi de finances (PLF) pour 2024. Il avait été doté de 30 millions d’euros (M€) par an en 2024, afin de « remobiliser les ouvrages existants ». Éric Frétillère, président d’Irrigants de France, s’est réjoui le 19 novembre de cette annonce, soulignant que ce fonds devait être initialement financé par les agences de l’eau et qu’il est finalement associé au budget du ministère de l’Agriculture : « Depuis 1995, le dossier de l’eau avait été lâché par le ministère de l’Agriculture et laissé au ministère de l’Environnement », souligne l’agriculteur, ravi de revoir la Rue de Varenne reprendre le dossier en main : « Si nous obtenons 20 M€ tous les ans, on signe. »

Cadrage de calendrier

Présent au congrès, le délégué interministériel chargé de la gestion de l’eau en agriculture, Christophe Chassande, a annoncé qu’une instruction ministérielle était en préparation qui imposera que les prochains arrêtés préfectoraux fixant les valeurs de prélèvement d’eau ne puissent pas être publiés tant qu’une étude économique n’a pas été menée sur le territoire et qu’un plan d’accompagnement ne puisse être présenté aux professionnels. La décision aurait été prise ces derniers jours « en haut lieu », après l’affaire qui a récemment concerné le bassin du Clain (Vienne), où les représentants de plusieurs organisations agricoles (Adiv, chambre d’agriculture, CR, FDSEA et JA) ont obtenu, le 29 octobre, la suspension de la publication des études HMUC (hydrologie, milieux, usages, climat).

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Selon eux, l’autorité préfectorale de bassin s’était engagée à ne signer aucun arrêté tant que ces études n’intégreront pas de volet socio-économique. Selon le délégué, c’est cette décision qui pourrait être élargie à l’échelle nationale ; l’instruction ministérielle vient en quelque sorte faire appliquer la loi Entraves, qui impose que les études HMUC prévoient une analyse socio-économique des recommandations, et va plus loin en synchronisant la parution des arrêtés de volumes de prélèvement qui en découlent avec des plans d’accompagnement, a précisé le fonctionnaire à Agra Presse à l’issue du congrès.

MR

« Depuis 1995, le dossier de l’eau avait été lâché par le ministère de l’Agriculture »