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Antibiorésistance : « Les efforts faits en France doivent l’être aussi dans l'UE », selon Jean-Baptiste Moreau

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Pour le député LREM Jean-Baptiste Moreau, c’est au reste de l’UE de réaliser des efforts dans la lutte contre l’antibiorésistance, après que la France a réduit l’utilisation des antibiotiques de 48 % entre 2010 et 2015. En France, la FNSEA et le SIMV (industrie des médicaments vétérinaires) plaident pour une accélération du déploiement des vaccins et fustigent l’allégation « sans antibiotique ».

Lors d’une conférence organisée à l’Assemblée nationale le 15 mars sur les thèmes de l’antibiorésistance, le député de la majorité Jean-Baptiste Moreau a affirmé que « les efforts qui ont été faits en France doivent l’être aussi en Europe ». Il rappelle que sur la période 2010-2015 la France a fait diminuer sa consommation d’antibiotiques plus vite que le reste de l’UE (- 48 % contre - 13,8 %). En 2015, la France était au 12e rang des pays européens les plus consommateurs, avec une consommation très inférieure à la moyenne UE (70,2 mg/kg contre 135,5 mg/kg). Un règlement européen sur les médicaments vétérinaires devrait être adopté au cours du premier semestre et publié d’ici fin 2018-début 2019, avant d’entrer en vigueur trois ans plus tard, précise Olivier Debaere, pilote du plan Ecoantibio pour la DGAL (ministère de l’Agriculture).

Les débats ont principalement porté sur le développement des vaccins, comme moyen de lutte contre l’antibiorésistance. La profession agricole, représentée lors de ce débat par la FNSEA, a plaidé pour une accélération du déploiement de la vaccination. « Il faut accélérer, a plaidé Joël Limouzin, en charge des dossiers sanitaires à la FNSEA. Je reconnais qu’il y a des résistances chez les éleveurs ; il faut dépassionner ce débat. Le prix, la disponibilité et l’innocuité sont les principaux freins à l’utilisation des vaccins ». Parfois à tort, estime-t-il, comme dans le cas de la fièvre catarhale ovine (FCO) : « Quand on fait des vaccins sur des animaux sains et au bon stade, ce doit être une réussite ». La FNSEA a également porté la voie de la production cunicole, gravement touchée par la VHD, maladie pour laquelle il existe un vaccin, mais trop onéreux.

« Les poulets sans antibiotique sont une honte »

De son côté, le président du syndicat de l’industrie du médicament vétérinaire (SIMV), Jean-Louis Hunault, a plaidé pour un assouplissement des procédures d’agrément des vaccins en Europe, arguant que « les vaccins arrivent plus vite sur le terrain aux États-Unis qu’en France ». Jean Carlet, président de l’association Waar (World Alliance against Antibiotic Resistance), a souhaité relativiser l’importance des vaccins dans la lutte contre l’antibiorésistance, dans la mesure où les vaccins apporteraient le plus souvent une protection contre les virus et non les bactéries, estime-t-il. Plusieurs représentants de la profession vétérinaire ont précisé que la protection vaccinale, même à destination des virus, permettait de prévenir indirectement les infections bactériennes.

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Jean-Louis Hunault et Joël Limouzin se sont tous les deux insurgés contre les allégations « sans antibiotique », qui concernent aujourd’hui certains produits à base de poulet et de porc : « Cela m’ulcère ! Quand il n’y a rien de marqué à côté, cela veut dire que l’on considère qu’il y a des antibiotiques dans les autres produits », a lancé Joël Limouzin. « Il faut arrêter de diaboliser les produits, étaye le président de SIMV. Les poulets sans antibiotique sont une honte. Il faut arrêter de faire peur au consommateur en lui faisant croire qu’il y a un danger à consommer du poulet. Il faut passer d’un marketing de la peur à un marketing de la valeur. »

Par ailleurs, la FNSEA et le SIMV ont tous deux plaidé pour que les vaccins bénéficient d’une exception à l’interdiction faite aux journaux agricoles de contenir des publicités pour des médicaments vétérinaires prescrits.

« Les vaccins arrivent plus vite sur le terrain aux États-Unis qu’en France »