L’Anses planche sur un « Résapath européen », inspiré du réseau français de surveillance de l’antibiorésistance chez les animaux malades, l’outil « le plus consolidé en Europe » en la matière.
À travers le programme EARS-Vet (2024-2028), l’Anses participe avec 37 partenaires à la construction d’un réseau européen de surveillance de l’antibiorésistance chez les animaux malades, a-t-on appris lors d’une conférence de presse le 13 novembre. L’agence sanitaire française dispose depuis 1982 du réseau national de surveillance Résapath, où l’antibiorésistance est analysée à partir des prélèvements collectés par 103 laboratoires. « Nous avons le réseau le plus consolidé en Europe et nous avons pris l’initiative de participer à la construction d’un Résapath européen », indique Jean-Yves Madec, directeur scientifique de l’axe « résistance » à l’Anses. Selon lui, « il est extrêmement important d’avoir cette surveillance fine par type de molécules et d’infections. C’est comme cela que l’on fonctionne en médecine humaine. »
D’après le rapport annuel de Résapath, les 121 872 antibiogrammes collectés en France en 2024 (+ 30 % en un an) ont permis de confirmer que la résistance aux antibiotiques chez tous les animaux se situe « à des niveaux globalement bas et stables ». En particulier, la résistance des bactéries Escherichia coli aux antibiotiques critiques pour la santé humaine « a atteint un palier bas (4-7 %) à très bas (moins de 3 %) » pour « la plupart des espèces animales ». Dans ce domaine, seul subsiste un « point de vigilance ponctuel » persiste pour la résistance aux fluoroquinolones « chez les lapins de compagnie et les caprins (résistance à 13-15 %) ».
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Très peu de résistances chez les salmonelles
Au niveau européen, ce n’est pas chez les animaux malades, mais dans la chaîne alimentaire que la surveillance de l’antibiorésistance est effectuée. Des prélèvements sont réalisés en abattoirs, sur les viandes vendues au stade distribution et dans l’environnement des élevages (volailles les années paires, porcs et bovins les années impaires). D’après les résultats obtenus pour la France en 2024, « 87,5 % des souches de salmonelles prélevées dans les élevages étaient sensibles à tous les antibiotiques testés », indique l’Anses, qui coordonne ce suivi. Les Campylobacter, elles, affichent davantage de résistances (80 % des souches isolées en abattoirs). Enfin, on a retrouvé en 2024 légèrement moins de souches d’Escherichia coli sensibles à tous les antibiotiques qu’en 2022. Une variation difficile à expliquer et qui ne constitue pas encore une tendance, selon les scientifiques de l’Anses.
YG