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APCA : Guy Vasseur plaide pour un accompagnement humain des exploitations

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À l’occasion de sa conférence de presse de rentrée, le président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture, Guy Vasseur, a plaidé pour « un accompagnement humain » des exploitations en difficulté, après une période noire pour l’agriculture. Les catastrophes naturelles combinées aux dépressions des marchés ont créé, selon lui, des drames humains sur lesquels il faut une attention extrême. C’est le rôle des chambres d’agriculture, a-t-il expliqué mais aussi des banques, assureurs et pouvoirs publics.

Si les chambres d’agriculture doivent expliquer quels sont les systèmes qui fonctionnent le mieux face à la situation extrêmement difficile de l’agriculture, celles-ci doivent aussi assister les agriculteurs en difficulté avec « « un accompagnement humain » le plus attentif possible. C’est ce qu’a expliqué Guy Vasseur, le président de l’APCA, dans sa conférence de presse de rentrée le 7 septembre. « Il faut remettre cet accompagnement humain à tous les niveaux », a-t-il plaidé, notamment dans le cas où des agriculteurs veulent arrêter, changer de métier, reconstruire leur situation ou leur exploitation. « Tout n’est pas foutu », lance Guy Vasseur.

Assistance

Il a aussi demandé aux chambres d’agriculture d’assurer une assistance le plus gratuitement possible. Selon lui, l’ensemble des acteurs doivent prendre en compte la situation née d’une année noire qui vient de s’écouler, qu’il s’agisse des banquiers, des assureurs, et des pouvoirs publics. Il a cité le cas de la région des Hauts de France où 500 audits d’exploitation ont été pratiqués. Ou encore son département du Loir-et-Cher où tous les agriculteurs ont été contactés, au moins par téléphone. Le ministère de l’Agriculture, à entendre Guy Vasseur, « n’a pas pris la mesure de la gravité de la situation ». Les pouvoirs publics doivent absolument « donner des perspectives aux agriculteurs ». Quant à l’assurance, il en a souligné les limites, estimant qu’il faut ouvrir le dossier et repenser le mécanisme, Guy Vasseur lui-même se disant plutôt partisan d’une assurance obligatoire à condition que l’Europe s’y engage plus résolument qu’aujourd’hui. Il craint d’ailleurs une augmentation des tarifs d’assurance pour les prochaines campagnes en raison du coût de la réassurance qui devra cette année être mise en œuvre.

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Climat catastrophique et marchés déprimés

Pour les chambres d’agriculture, les mois qui viennent de s’écouler ont été marqués par la combinaison entre des catastrophes climatiques et une dépression de bon nombre de marchés. Le gel et la grêle sur les vignes, les inondations et excès d’eau sur les grandes cultures, les maladies, le mildiou, les « foins imbouffables pour les animaux », tout cela implique des baisses de rendements généralisés. Elles se combinent à des marchés en dépression, dans le lait mais aussi les grandes cultures et la viande. L’abondance des récoltes mondiales provoque une baisse des prix tandis que la France est, avec l’Allemagne, un des seuls pays à connaître une baisse de récolte. Ceci dans un contexte où « l’Europe n’a plus de filet de sécurité », rappelle Guy Vasseur. Celui-ci a rappelé que les chambres d’agriculture étaient contre la suppression des quotas laitiers « et il arrive exactement ce qu’on avait prévu ». Le président de l’APCA s’est étonné de la persistance de l’embargo russe, affirmant qu’on « ne peut pas comprendre que la France n’arrive pas à débloquer la situation » alors que sur d’autres dossiers géopolitiques, la Russie et l’Europe sont sur la même longueur d’onde. « Il n’est pas normal que les agriculteurs subissent les conséquences de cette situation », dit-il.

Le ministère de l’Agriculture « n’a pas pris la mesure de la gravité de la situation »