Au-delà des problèmes de santé des abeilles auxquels sont confrontés les apiculteurs de l’UE, les questions de l’étiquetage de l’origine et de la lutte contre les fraudes sont également centrales pour la survie du secteur professionnel. Le Parlement européen prépare un rapport d’initiative sur ce dossier.
La commission de l’agriculture du Parlement européen, qui prépare un rapport d’initiative sur le secteur apicole européen, a procédé le 30 mai à l'audition de différents représentants du secteur et de la recherche sur ce dossier. Si bien sûr les problèmes liés à la santé des abeilles préoccupent fortement les apiculteurs, ceux-ci veulent également insister sur le volet commercialisation de leur activité. Un domaine dans lequel des progrès législatifs pourraient être réalisés, en particulier en ce qui concerne l’étiquetage, la traçabilité et les contrôles.
L’UE est le deuxième producteur mondial de miel (avec environ 200 000 tonnes produites par an, pour 17 millions de ruches et 600 000 apiculteurs dont 5 % de professionnels) loin derrière la Chine (400 000 à 450 000 tonnes par an). Mais elle est également le premier importateur mondial avec pour principal fournisseur la Chine : en 2015, l’UE a importé environ 200 000 tonnes de miel dont la moitié provenait de ce pays et en a exporté 20 000 t. Un déficit qui selon les producteurs s’explique principalement par l’absence de l’étiquetage d’origine du miel et les fraudes, en particulier sur les produits en provenance de Chine.
Le problème, explique Peter Bross, président des organisations apicoles hongroises, venu témoigner, est que « sur le marché de gros, le miel européen n’est pas différencié des importations chinoises en particulier. De plus, aucune traçabilité n’est imposée aux importations, il est donc impossible de savoir de quel producteur provient un miel argentin ou chinois. Alors que cette traçabilité existe pour le miel européen ». Ce qui explique notamment que 65 % du miel européen soient vendus directement aux consommateurs et que seulement 35 % se retrouvent sur le marché de gros. Un étiquetage de l’origine du miel a déjà été réclamée à Bruxelles, demande que la Commission européenne a jusqu’à présent repoussée estimant qu’elle entraînerait une augmentation du prix du miel pour les consommateurs.
Fraudes chinoises
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Autre problème : les fraudes. « Le miel chinois n’est pas vraiment du miel – il est filtré, récolté très tôt et surtout beaucoup de sucre y est ajouté… – c’est un produit complètement galvaudé », indique Étienne Bruneau, apiculteur belge, président du groupe de travail « miel » du Copa-Cogeca (organisations et coopératives agricoles de l’UE). Aux États-Unis, ce type de produit ne peut pas être commercialisé en tant que miel. Une simple mise à jour de la législation européenne suffirait. C’est ce que demandent les producteurs européens qui souhaitent aussi que plus de contrôles soient réalisés par les États membres. Aujourd’hui « il n’y a aucun contrôle », assure Étienne Bruneau.
Les fonds communautaires disponibles pour les programmes apicoles sur la période 2017-2019 ont été revus à la hausse par rapport à 2014-2016 pour atteindre 36 millions € par an. Mais, souligne Étienne Bruneau, l’enveloppe reste modeste alors que les « missions se multiplient ».
Vaste programme de travail pour le Parlement européen.