La récolte de blé 2003 est d’une excellente qualité. Mais les volumes sont insuffisants. L’objectif de cette campagne est de parvenir à satisfaire les clients traditionnels de blé français sur le marché intérieur européen ainsi que sur pays tiers. Pour cela, Christian Lapointe, président de l’Onic, a invité la Commission à utiliser les stocks d’intervention pour conserver un disponible suffisant à l’exportation.
La qualité des blés est « exceptionnelle» avec un taux de protéine moyen estimé à 12,5%, a indiqué l’Onic à la sortie du Comité permanent le 10 septembre. « C’est un bond considérable de 1,2 point par rapport à l’an dernier », a souligné Christian Lapointe. Les autres indicateurs de la qualité sont également satisfaisants (voir encadré). Ainsi 75 % de la collecte est constituée de blé de qualité supérieure de classes E et 1, contre 54 % l’an dernier.
Production de blé : 30 millions de tonnes
Reste que les volumes ne sont pas au rendez-vous. La France aurait engrangé 30 millions de tonne, en baisse de 20 % par rapport à l’année dernière. Quant à l’Europe, le volume récolté baisse de 94 Mt l’an passé à 83,8 Mt. La récolte allemande s’établit à 19 Mt et celle britannique se retire de 2 Mt à 14 Mt. Par ailleurs, la récolte de maïs est prévue en forte baisse. L’Onic prévoit un recul de 30 % à 11,4 Mt en France. La récolte européenne s’établirait à 32,2 Mt en retrait de 9 Mt. L’orge est moins touché par le recul de production : les volumes baissent de 0,9 Mt à 10,1 Mt.
Une solution : la vente du stock d’intervention
Selon l’Onic, l’enjeu de la campagne sera donc de trouver les moyens de répondre à la demande et réussir à conserver les clients traditionnels du blé français dans un contexte resserré de disponibilités européennes et mondiales. « La France sera en mesure d’approvisionner en blés de haute qualité ses clients traditionnels au-delà des frontières », a rassuré l’Onic.
Mais il faudra également couvrir les besoins de l’alimentation animale européenne. Pour cela, l’Onic compte sur la Commission européenne. L’Office souhaite que le Comité de gestion poursuive son initiative de vente du stock d’intervention. Le 18 septembre prochain la Commission procèdera à une première adjudication de 0,7 Mt de seigle allemand, 0,4 Mt d’orges françaises, et quelques lots de sorgho. Mais de gros volumes dorment dans les silots européens en particulier 4,7 MT de seigle, a noté Christian Lapointe.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Doutes sur la qualité du stock d’intervention
Ces lots sont principalement situés en Allemagne de l’Est et certains datent de 1997. Une ancienneté qui laissent les fabricants d’alimentation du bétail légèrement sceptiques... Si les conditions de stockage n’ont pas été idéales, les analyses bactériologiques et de mycotoxines peuvent s’avérées douteuses. Par ailleurs, personne n’est en mesure de dire si les nutriments sont stables après une si longue période de stockage. « En France, les fabricants d’alimentation du bétail n’ont pas l’habitude d’utiliser du seigle. Ils n’ont pas d’appétit pour cette céréale », a constaté l’Onic. Il est certain que l’utilisation de seigle suppose de revoir la formulation. La question du prix sera donc déterminante. Et la répercussion de cette opération sur les marchés céréaliers dépendra de l’engouement des fabricants d’alimentations du bétail...
Finalement, si les prix baissent, en supposant que la Commission continue à vendre des stocks d’intervention, les éleveurs, gravement touchés par la canicule, seront bénéficiaires de l’opération. Mais les céréaliers en supporteront les conséquences économiques...
Repères Qualité blé 2003 Poid spécifique moyen : 77,4 kg/l, en légère baisse par rapport à l’an dernier Teneur en eau : 11,5%, soit 0,9 point de moins qu’en 2002 Indice de chute de Hagberg : › à 220 s pour tous les blés récoltés