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Corne de l’Afrique Appel de la FAO pour des investissements agricoles de long terme en Afrique

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La FAO a jugé « inadmissible » la famine qui sévit dans la Corne de l'Afrique lors d’une conférence le 18 août à Rome. Elle a appelé la communauté internationale à non seulement financer l'aide d'urgence mais aussi des investissements agricoles de long terme afin d'éviter la répétition de telles crises alimentaires. De son côté, le Fonds monétaire international a indiqué le 24 août qu'il se tenait prêt à « contribuer autant que possible à l'effort international d'assistance » à la Corne de l'Afrique.

Selon Jacques Diouf, le directeur général de l'agence de l'ONU pour l'agriculture et l'alimentation, plus de 12 millions de personnes risquent aujourd'hui de mourir de faim en Somalie, au Kenya, en Ethiopie, à Djibouti, au Soudan et en Ouganda. Des plans d'investissement complets et déjà approuvés sont disponibles, mais c'est leur financement qui fait défaut, déplore-t-il. Selon lui, « si les gouvernements et leurs partenaires donateurs n'investissent pas maintenant, la famine épouvantable que nous tentons de combattre maintenant reviendra et ce sera une honte pour la communauté internationale ». L’ONU juge nécessaires des aides de 2,4 milliards de dollars mais seuls 1,3 milliard d’euros ont été recueillis jusqu’à présent.

Sauvegarder la production vivrière locale
Si la sécheresse, les conflits et l'envolée des prix des denrées alimentaires ont été les éléments déclencheurs de la crise alimentaire dans la Corne de l'Afrique, la vulnérabilité spécifique de la région s'explique par l'insuffisance de l'investissement dans l'agriculture et la gestion inadéquate des ressources naturelles, ont souligné de nombreux participants à la réunion sur la Corne de l’Afrique le 18 août à Rome. L’accent a aussi été mis sur la nécessité de fournir une aide alimentaire aux agriculteurs vivriers et aux éleveurs pour empêcher une aggravation de la crise. Les mesures suivantes ont notamment été identifiées comme urgentes et prioritaires : veiller à satisfaire les besoins de secours alimentaires et à étendre le soutien nutritionnel ; protéger le bétail survivant pour sauvegarder la sécurité alimentaire des éleveurs ; sauver la prochaine campagne de semis qui démarrera en octobre, en fournissant aux agriculteurs des intrants (semences, engrais et eau pour l'irrigation) ; multiplier les programmes argent-contre-travail pour permettre aux personnes d'acheter de la nourriture sur les marchés et les empêcher ainsi d'être contraintes de vendre leurs actifs de production La réunion a en outre insisté sur l'importance vitale du soutien aux mesures visant à affronter les causes profondes de la crise dans la Corne de l'Afrique, à savoir : protéger et restaurer les terres dégradées ; améliorer la gestion de l'eau et développer l'irrigation (seulement 1% des terres dans la Corne de l'Afrique sont irriguées, contre 7% dans le reste de l'Afrique et 38% en Asie) ; améliorer les pratiques de gestion animale, végétale et des parcours des petits agriculteurs afin de les rendre moins vulnérables aux aléas et à la variabilité du climat ; renforcer les services communautaires de santé animale ; identifier des options viables et acceptables en alternative aux moyens d'existence pastoraux.

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