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Négociations de l’OMC Appels au compromis avant la réunion ministérielle du 21 juillet

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Les préparatifs s’accélèrent avant la réunion d’une trentaine de ministres convoquée à Genève le 21 juillet pour tenter de dégager les grandes lignes d’un accord dans les négociations du cycle de Doha. Sur le plan technique, un nouveau projet de compromis révisé sur l’agriculture était attendu avant la fin de la semaine du 7 juillet. Au niveau politique, les leaders du G-8 ont affirmé leur « volonté de travailler rapidement pour faire aboutir » les pourparlers. Selon eux, il est temps que les pays émergents fassent aussi leur part du chemin.

Le modérateur des négociations agricoles de l’OMC, Crawford Falconer, a annoncé le 7 juillet qu’il serait en mesure de faire circuler dans la semaine un nouveau projet de compromis révisé présentant des options plus simples pour les décisions qui pourraient être prises lors de la réunion ministérielle d’une trentaine de pays membres qui débutera le 21 juillet à Genève. Selon lui, les consultations menées sur les soutiens au revenu découplés de la production (la boîte verte) ont permis de parvenir pratiquement au texte final sur ce sujet. Des progrès ont aussi été faits, a-t-il ajouté, sur deux sujets particulièrement importants pour les pays en développement, les produits spéciaux et le mécanisme de sauvegarde spéciale, même si, en la matière, un accord définitif est loin d’être acquis.

De leur côté, les Etats-Unis ont également fait état de progrès dans les consultations sur les données à prendre en compte pour déterminer les quotas d’importation qui seraient ouverts pour les produits sensibles.

Un projet de compromis révisé devait être soumis parallèlement par le modérateur des négociations sur l’accès aux marchés pour les biens industriels.

Sommet du G-8 : l’optimisme d’Angela Merkel

Affirmant qu’ils résisteront aux « tentations protectionnistes », les chefs d’Etat et de gouvernement du G-8 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni, Russie), réunis à Toyako (Japon), ont estimé le 8 juillet que « la conclusion d’un accord de l’OMC ambitieux, équilibré et global à Doha est essentiel pour la croissance économique et le développement ». « A ce stade crucial des négociations, nous réaffirmons notre volonté de travailler rapidement pour faire aboutir les négociations et nous demandons à tous les membres de l’OMC d’apporter des contributions substantielles afin de définir les modalités de l’accès aux marchés pour les produits agricoles et pour les produits non agricoles (NAMA) et de parvenir à des résultats positifs et tangibles sur les services », ajoutent-ils.

Dans ce contexte, les Huit se « félicitent de l’organisation d’une réunion ministérielle le 21 juillet » à Genève pour tenter de débloquer les pourparlers.

« Laissez moi dire que nous avons bon espoir qu’une telle conclusion favorable soit possible dans le semaines qui viennent », a déclaré à la presse la chancelière allemande Angela Merkel, après un entretien avec le président américain George W. Bush.

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« Il est bon que la chancelière Merkel dise cela parce que (l’Allemagne) est un économie européenne majeure et un exportateur européen majeur et que, bien sûr, elle a une grande influence dans la décision finale s’agissant de l’Union européenne », a noté de son côté le président de la Commission de Bruxelles, José Manuel Barroso, également présent à Toyako.

... et l’appel de Nicolas Sarkozy aux pays émergents

« La chose est bien claire : je crois qu’il y a une majorité pour considérer que la proposition qui est sur la table (à l’OMC) n’est pas satisfaisante. Personne ne dit, autour de la table (du G-8), que la proposition qui est sur la table est satisfaisante. Il est vrai que nos partenaires ont dit qu’il vaudrait mieux un accord. Je suis bien d’accord là-dessus »,a expliqué à la presse Nicolas Sarkozy. « J’observe simplement que l’on n’a pas eu d’accord depuis 7 ans, ce qui n’a pas empêché, pendant 6 ans, la croissance mondiale d’être à un niveau jamais égalé », a poursuivi le président français. « Pour qu’il y ait un accord, il faut que les pays émergents fassent un effort. J’étais très intéressé de voir que c'était une position pas simplement défendue par la France mais par d’autres pays ».

« Tous les participants ont partagé le point de vue selon lequel (un accord à Genève) n’est pas quelque chose que les pays développés pourraient faire seuls. Un cycle de Doha réussi dépendra de ce que les principales économies émergentes feront elles aussi pour ouvrir leurs marchés », a confirmé pour sa part Dan Price, conseiller adjoint américain pour la sécurité nationale chargé des affaires économiques ».

Le Brésil « souhaite un accord », affirme Gordon Brown

De leur côté, les chefs d’Etat et de gouvernement de quatre grand pays émergents – Brésil, Chine, Inde, Mexique, Afrique du Sud – qui ont rencontré le G-8 le 9 juillet, ont insisté sur le fait que « les pays développés doivent démanteler leurs barrières et les mesures qui provoquent des distorsions, en particulier les subventions et le soutien interne agricoles qui entravent les efforts des pays en développement ». « Tous les pays, et particulièrement les pays développés, devraient faire preuve d'une plus grande sincérité dans les négociations de Doha sur l'agriculture », a insisté le président chinois Hu Jintao.

Le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, et le premier ministre britannique, Gordon Brown, ont estimé de leur côté, dans une communiqué commun publié à l’issue d’une rencontre bilatérale, que « après des mois de dur travail et des négociations détaillées, nous sommes plus près que jamais d’un compromis ». « Le temps des négociations techniques s‘achève. Les décisions clefs sont maintenant d’ordre politique. Nous devons agir de façon décisive », ont-ils ajouté. « Le président Sarkozy a été très clair sur le fait qu'il souhaite que l'on sorte de l'impasse et en a appelé au Brésil », a déclaré à la presse le premier ministre britannique. « Ce qui est nouveau, c'est que le Brésil a également été très clair aujourd'hui sur le fait qu'il souhaite un accord », a-t-il précisé.