Si elle inquiète très fortement les producteurs, la présence renforcée de la chrysomèle n’a pas encore causé de pertes économiques au champ. Pour Jean-Paul Renoux, spécialiste du maïs chez Arvalis, troquer une stratégie d’éradication contre des mesures simples de ralentissement du développement de l’insecte serait une solution pour « vivre avec » diabrotica. Ce que d’autres, comme les Etats-Unis ou l’Europe de l’Est, arrivent à faire. « Nous serions peut-être les premiers à mettre en place ce type de mesures », a-t-il expliqué lors d’une conférence qui s’est déroulée dans le cadre d’Euromaïs, le 11 septembre. L’idée : repousser le plus longtemps possible le seuil de nuisibilité. Sans mesure particulière, la Hongrie et la République tchèque n’ont recensé des pertes économiques que cinq ans après avoir détecté diabrotica sur leur territoire. En Italie, il aura fallu neuf ans, car les maïs y sont mieux implantés et plus résistants. Pour Jean-Paul Renoux, c’est de la situation italienne que se rapproche du plus le cas hexagonal. Un atout dans la lutte contre le parasite. Reste à trouver les bonnes mesures. « En Europe centrale, une interruption de la monoculture tous les trois ou quatre ans s’avère très efficace », a indiqué l’ingénieur. Selon lui, une coupure tous les trois ans associée à des traitements de sol peuvent « tenir la chrysomèle en respect ». Pour ce faire, « nous souhaitons que le statut de l’insecte évolue ce qui nous donnerait plus de souplesse pour nous organiser comme on le veut », a expliqué Jean-Paul Renoux. Ce qui ne peut se jouer qu’au niveau européen. Et il faut également disposer sur le plan français des produits phytosanitaires adéquats.
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