En 2018, Danone accuse des ventes en léger recul et un résultat opérationnel courant en légère progression. L’entreprise subit les conséquences d’un environnement difficile sur plusieurs de ses marchés comme la Chine, le Maroc ou encore l’Argentine. Toutefois, les produits végétaux, la relance d’Activia et les perspectives ouvertes par les petites marques émergentes laissent espérer de meilleurs résultats pour 2019 aux dirigeants de Danone.
En 2018, Danone accuse des ventes en léger recul et un résultat opérationnel courant en légère progression. L’entreprise subit les conséquences d’un environnement difficile sur plusieurs de ses marchés comme la Chine, le Maroc ou encore l’Argentine. Toutefois, les produits végétaux, la relance d’Activia et les perspectives ouvertes par les petites marques émergentes laissent espérer de meilleurs résultats pour 2019 aux dirigeants de Danone.
En dépit de résultats en demi-teinte en 2018, le p.-d.g. de Danone Emmanuel Faber s’est déclaré « fier » des performances obtenues, à l’occasion d’une présentation des comptes annuels. Il a notamment loué « l’agilité » croissante de Danone, alors que les « vents contraires » ont eu des conséquences sur ses résultats et l’ont obligé à s’adapter à « un monde en perpétuelle évolution ».
C’est vrai que les sources de contrariété ont été multiples l’année passée. Les coûts des emballages en PET ont crû de 20 %, comme les coûts logistiques aux États-Unis. Au Maroc, le boycott déclenché en avril a entraîné une perte de chiffre d’affaires de 178 millions d’euros et une diminution du résultat opérationnel courant de 43 millions d’euros. Les perturbations sur les changes ont également joué un rôle : en Argentine, le peso a reculé de 43 % et en Turquie, la livre a chuté de 27 %. Et en Chine, le lait maternisé a connu un recul important, en cours de stabilisation.
Les conséquences se font sentir sur les comptes : en données publiées, le chiffre d’affaires recule de 0,7 % à 24,651 milliards d’euros, et le résultat opérationnel courant (ROC) progresse de 0,7 % à 3,562 milliards d’euros. Mais Danone tient à rassurer en soulignant qu’en données comparables, les ventes progressent de 2,9 % et le ROC de 6,7 %. Et mieux : en excluant le boycott au Maroc, le chiffre d’affaires aurait progressé de 3,6 % et la marge opérationnelle courante aurait marqué une hausse de 58 points de base, alors qu'en données publiées elle s'inscrit à 14,45 % en hausse de seulement 20 points de base. Les actionnaires devraient toutefois être récompensés par un dividende de 1,94 euro, un niveau record.
En données comparables, les ventes progressent sur tous les segments, la nutrition spécialisée réalisant la plus forte hausse de 5,9 % (+0,5% en publiés) suivie des eaux à +5,3 % (-3,2% en publié). La situation est plus difficile pour les produits laitiers et végétaux : en Amérique du nord, la hausse est de 1,5 % (+12,2 % en publié), tandis qu’elles stagnent dans le reste du monde, à cause du boycott des clients marocains.
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Pour les dirigeants de Danone, la croissance s’explique par l’innovation, un point qui a connu une accélération en 2018. « Les produits de moins de deux ans ont représenté en 2018 un quart des ventes, contre 16 % en 2017 », a souligné Emmanuel Faber. La marque Activia fait l’objet d’une relance complète en 2016, en multipliant les propositions sous cette même marque en fonction des pays et des profils de clients, qui sont désormais plus jeunes aux États-Unis. L’année prochaine, les produits végétaux Activia, à partir d’amande, seront proposés. Au Mexique, Danone commercialise déjà des jus de fruits et de légumes sous cette marque. Emmanuel Faber est persuadé que les probiotiques sont une piste d’avenir pour les produits laitiers, un marché atone ou en recul dans plusieurs pays. « L’activité de produit frais de Danone en Europe est désormais stabilisée, et elle progresse au 4e trimestre 2018, déclare Emmanuel Faber, alors que nous poursuivions ce but depuis huit ans ». L’acquisition de l'américain WhiteWave et sa gamme de produits végétaux a permis d’étoffer la gamme est de se placer sur un marché dynamique. Les ventes des marques issues du portefeuille de WhiteWave connaissent des progressions trois fois supérieures au marché alimentaire américain.
Danone se prépare à un Brexit sans accord
Cette année, les dirigeants de Danone s’attendent à une nouvelle inflation des coûts de l’ordre de 5 % à 10 %, notamment pour ce qui est du lait (proche de 10 %), des fruits, du sucre et du PET. Le boycott au Maroc va encore se faire sentir en début d’année, tandis que pour la nutrition infantile en Chine, le redémarrage est encore lent en ce début d’année. Le Brexit est une autre source d’interrogation. Danone fabrique des produits de nutrition spécialisée au Royaume-Uni, mais cette activité ne devrait pas être concernée en raison de son caractère vital, y compris en cas de no deal, selon Danone. « Nous constituons actuellement des stocks sur place », a déclaré Emmanuel Faber. Même chose pour l’eau minérale qui est exportée outre-Manche. Un stock est en train d’être constitué en prévision de l’été qui est la saison où les ventes sont les plus fortes. En acquérant Alpro, Danone a obtenu une usine de produits végétaux qui fabrique pour le marché local. « À plus long terme, cette usine pourrait accueillir des produits frais » a encore estimé le p.-d.g.
Pour l’exercice en cours, Danone vise « une croissance du chiffre d’affaires autour de 3 % en données comparables et une marge opérationnelle courante supérieure à 15 % ». L’entreprise va, pour cela, s’appuyer sur ses priorités : « accélérer la croissance, maximiser l’efficacité et allouer le capital avec discipline. » Les innovations vont se multiplier et les économies du programme Protein couplées aux synergies nées de l’acquisition de WhiteWave vont encore porter leurs fruits. 900 millions d’euros ont déjà été obtenus dont 500 millions en gains de productivité et 300 millions au titre du programme Protein. La dette financière nette est ainsi passée de 14,765 milliards d’euros à 12,235 milliards d’euros entre 2017 et 2018.
100 000 actionnaires salariés
À l’occasion de l’assemblée générale du 25 avril prochain, Danone soumettra l’idée de remettre à chacun des 100 000 salariés une action Danone, assortie d’un dividende spécifique. « Ces actions, qui seront prélevées sur les actions de trésorerie de Danone, seront assorties d’un mécanisme permettant d’obtenir un multiple du dividende perçu habituellement par l’actionnaire », selon Emmanuel Faber. Cette forme d’actionnariat salarié, inspiré de l’intéressement-participation tel qu'il est pratiqué en France, permettra d'impliquer davantage les salariés dans l’entreprise qui pourront s’exprimer au sein du conseil d’administration et du comité exécutif.