Après la fin des négociations nationales et européennes, la plateforme Pour une autre Pac pourrait devenir une grande coalition autour de l’agroécologie et de l’alimentation, en joignant ses forces à celles de la plateforme citoyenne créée pour les États généraux de l’agriculture.
« Les axes de plaidoyer sont définis, nous sommes en train de travailler sur la gouvernance », confie à Agra Presse Mathieu Courgeau, agriculteur et actuel président de Pour une autre Pac. Alors que les négociations européennes et nationales autour de la prochaine politique agricole commune sont achevées, son organisation rassemblant près d’une trentaine d’ONG s’apprête à se transformer dans les prochains mois.
« Il s’agirait d’unifier Pour une autre Pac à la plateforme citoyenne que nous avions créée pour les États généraux de l’alimentation », explique Nicolas Girod, porte-parole de la Confédération paysanne, dont le syndicat était aussi membre de la plateforme dédiée à la politique agricole. En tout, l’alliance en construction pourrait alors rassembler 60 à 70 organisations autour de l’agroécologie et l’alimentation. Parmi les nouveaux venus : CCFD-Terres Solidaires, UFC-Que choisir, ou encore Réseau-Environnement-Santé.
Dès l’automne, révèle Clotilde Bato, trésorière de Pour une autre Pac, ce rassemblement élargi d’ONG pourrait même lancer une nouvelle campagne sur l’installation. Élevage, foncier, santé : « Notre stratégie est d’élargir les sujets pour renforcer l’alliance entre agriculteurs et consommateurs, que nous sommes les seuls à représenter », précise Clotilde Bato.
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Campagnes à géométrie variable
Objectif de la gouvernance en cours de définition : éviter les tensions sur des sujets comme l’élevage, qui avaient pu électriser les relations entre Greenpeace et la Confédération paysanne au moment de la publication de carte des « fermes-usines ». « Ce qui se dessine, c’est de travailler à géométrie variable par thème », explique Nicolas Girod. « Salariés et financements seraient mis en commun, mais chaque organisation pourra décider de se joindre ou non aux campagnes ».
Mais au-delà de leurs différences sur certaines propositions, le collectif est avant tout cimenté par des mêmes constats d’échec. Sur la nécessité d’une alimentation saine pour tous, sur l’échec des politiques en matière de pesticides, de bio, et plus largement même sur l’incapacité de la Pac actuelle à endiguer l’érosion du nombre d'agriculteurs. Autant d’analyses sur lesquelles les ONG ont le sentiment d’avoir été peu entendues durant ce quinquennat au sein du ministère de l’Agricuture.
« Que ce soit sur le PSN, le foncier ou les néonicotinoïdes, nous avons été très déçus des arbitrages », résume Mathieu Courgeau. À l’occasion du Salon de l’agriculture, cette future coalition a pris temporairement pour nom « Nous produisons, nous mangeons, nous décidons », afin de commencer à interpeller les élus et candidats à la présidentielle.