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VOLAILLE/PRISE DE PARTICIPATION Après le rachat de Doux, Terrena veut devenir un champion de la volaille

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La coopérative de l'ouest de la France Terrena, alliée à Sofiprotéol, devient le numéro deux de la volaille en France. Elle dévoilera en juin son plan de bataille pour les trois prochaines années et annoncera un important plan d'investissement.

Terrena a annoncé la finalisation de la prise de contrôle de Doux le 9 mars après le rachat de la participation du fonds de Didier Calmels (D&P Particiaptions) qui détenait 52,5% du capital du volailler. Le groupe coopératif avait annoncé dès le mois de mai 2015 son intention d'acquérir Doux, après son redressement sous la houlette d'Arnaud Marion à la direction générale de l'entreprise (Agra Alimentation du 21 mai 2015). « Pour acquérir la participation majoritaire dans Doux, nous avons créé avec Sofiprotéol la holding Terso dont nous détenons 88% du capital », précise Maxime Vandoni, directeur général de Terrena. Les autres actionnaires restent au capital : Almunajem (25%) et la famille Doux (22,5%). Tous se sont mis d'accord pour ne pas divulguer le montant de la transaction.

Dans les faits, cette prise de contrôle a de nombreuses conséquences. La première consiste à créer le pôle Volailles de Terrena né du regroupement de Doux et de Gastronome. Avec 23% de la production nationale et un chiffre d'affaires 2016 estimé par Terrena à 1,4 milliard d'euros, le pôle devient numéro deux de la volaille derrière le leader LDC. Il fédère 1 500 éleveurs, commercialisera 420 000 tonnes en 2016 et emploiera 5 700 salariés sur 16 sites. Un duo va piloter le nouveau pôle : Dominique Grasset comme président et Christophe Couroussé comme directeur général. « Des synergies vont être trouvées à différents niveaux tels que l'industrie, l'amont, les achats, la logistique », détaille Maxime Vandoni. « Mais il n'y aura pas d'impact sur l'emploi », précise le directeur général de Terrena.

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Cette prise de contrôle s'accompagne d'un plan de développement pour les prochaines années dont le but est de « bâtir un champion de la volaille », trouver des débouchés aux producteurs et créer de la valeur pour toute la filière. Il s'agira de reconquérir le marché français alors que 40% de la volaille consommée sont importés, une bataille à livrer surtout sur le RHF, là où les importations sont les plus importantes. Cela passera par l'élaboration de produits de qualité et compétitifs. Le nouveau pôle volailles devra s'appuyer sur la nouvelle agriculture (NA), le concept de production raisonnée mis au point par Terrena. « Nous avons pris ce virage il y a déjà huit ans et nous sommes persuadés qu'il y a une place pour un mode de production entre la bio et le conventionnel », souligne Maxime Vandoni. Le label NA pourrait donc s'appliquer à d'autres produits tels que ceux vendus sous marque Père Dodu ou bien destinés à l'export. L'international, qui représente l'essentiel l'activité de Doux (430 millions d'euros de chiffre d'affaires sur un total estimé à 530 millions d'euros en 2015), va être renforcé : le label NA va permettre d'ouvrir de nouveaux marchés, au-delà du Moyen Orient qui représente 60% des exportations actuelles de Doux, comme par exemple l'Europe du nord.

Pour servir ses ambitions, Terrena va annoncer en juin « un important plan d'investissement pour le pôle volailles portant sur les trois prochaines années et concernant notamment l'outil industriel et le marketing », selon Maxime Vandoni. Le budget est en train d'être chiffré actuellement pour chacune des quatre business units du pôle volailles (volailles fraîches, produits élaborés, dinde et export) de la coopération.