Le manque de matière première et la fermeture de certains marchés, pour cause d’épizootie d’influenza aviaire, ont fait perdre des débouchés importants au foie gras français. Les professionnels espèrent une réouverture du marché japonais début 2017 pour lancer la reconquête.
La chute de 25 % cette année des volumes de foie gras produits en France (-4 750 tonnes) n’est qu’une conséquence de l’épizootie d’influenza aviaire. L’autre conséquence est la fermeture de plusieurs marchés étrangers en raison des craintes de contamination. C’est le cas du Japon. Le pays, qui a absorbé environ 1 000 tonnes en 2015, essentiellement en restauration, a fermé ses frontières au foie gras français dès l’annonce des premiers cas. « C’est le premier marché d’export du foie gras français », note le Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (Cifog). « Privés de foie gras français, certains restaurateurs ont préféré retirer le produit de leur carte », note le Cifog. Mais pas tous. Sur un marché où la Hongrie avait déjà, avant la crise, une part de marché d’environ 50 %, il y a fort à parier que l’absence des Français a bénéficié aux Hongrois ou aux Bulgares. « Il y a eu un petit effet d’aubaine dont a profité l’Europe de l’Est puisqu’on estime que les Bulgares ont augmenté cette année leur production de 500 à 600 tonnes et les Hongrois de 450 à 550 tonnes », explique Marie-Pierre Pé, déléguée générale du Cifog. « Ces volumes se sont dirigés vers l’export sur des marchés où la France était présente », poursuit-elle.
Au total, la baisse de production a des conséquences importantes : au premier semestre 2016, les exportations de foie gras cru en volume sont en recul de 27 % et celles de foie gras transformé de 15 % (en 2015, la France a exporté 2 381 tonnes de foie gras cru). La balance commerciale, excédentaire en 2015 de 56,3 millions d’euros est déficitaire au premier semestre 2016, de 18,7 millions d’euros. Les importations de foie gras sur le marché français progressent fortement depuis le début de l’année. Au 30 juin 2016, la France a importé 2 043 tonnes de foie frais cru de canard, contre 1 255 tonnes un an plut tôt.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
« Le principal enjeu maintenant, c’est la reconquête de l’export », note Marie-Pierre Pé. Le Cifog espère que la France retrouvera le statut de pays indemne début 2017 et que le foie gras sera de retour sur les tables japonaises au printemps prochain. Mais rien ne dit que les autorités nipponnes, connues pour leur prudence, ouvrent immédiatement les frontières au foie gras tricolore. En outre, les nouvelles normes de biosécurité, qui réduisent mécaniquement les volumes produits en France, ne permettront pas de retrouver tout de suite la place occupée les années précédentes (Agra Alimentation du 20 octobre 2016). « Peut-être en 2018 si on a les volumes suffisants », note-t-on au Cifog.