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Stratégie Après sa fusion avec Sud-Céréales, Arterris se restructure

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Avec un résultat d’exploitation à 1,1 M€ pour son exercice 2015-2016, le groupe coopératif veut réaliser des économies et continuer d’investir dans la vente directe et les fruits et légumes. 

Après le rachat de trois sociétés œuvrant dans l’abattage, la découpe et la vente de viande, le groupe audois Arterris a bouclé une année importante de son développement en actant la fusion avec une autre coopérative, Sud-Céréales. Les deux étaient alliées depuis quatre ans. Pour autant, les bonnes nouvelles ne sont pas seules. Le contexte économique du marché des céréales, plombé par la lourdeur du marché, la faiblesse de la demande en semences et l’épisode d'influenza aviaire de début 2016 ont fortement amputé le résultat de la coopérative. Avec un résultat d’exploitation passé de près de 10 M€ à 1,1 M€, le groupe voit fondre son EBE de 24,9 à 19,7 M€. « Même si nous avons les reins solides, nous sommes bien en dessous de nos objectifs qui étaient de conserver un EBE à 25 M€ pour dégager du résultat. Nous allons mettre en œuvre un plan sur trois ans pour regagner cette marge de manœuvre », explique Jacques Logié, directeur général du groupe. Les cinq millions manquants devant être récupérés pour moitié grâce à la réorganisation du groupe actuellement à l’étude, et pour l’autre moitié par des départs. La coopérative compte s’appuyer sur la pyramide d’âge de l’entreprise, sachant qu'environ 250 salariés ont plus de 57 ans, pour retrouver un peu de latitude. 

Frais d’ici ? 

Suite à l’expérience des magasins Frais d’ici, menée dans la banlieue toulousaine, Arterris veut développer des corners de produits locaux dans ses boutiques Gamm Vert. Deux ouvertures sont prévues avant l’été à Gaillac et à Foix. « La seule chose qui reste à trancher sur ce projet, c’est de savoir si nous le faisons sous la bannière Frais d’ici ou sous notre propre nom. Nous sommes en discussions actuellement avec InVivo sur la composition de la gamme entre nos produits et ceux prévus dans le cadre Frais d’ici. Mais si nous ne nous entendons pas, nous le ferons sous notre propre bannière », ajoute Jacques Logié. Arterris compte ainsi dégager plus de valeur ajoutée sur les produits des entreprises qu’elle a rachetées ces dernières années, sous la marque Fermiers Occitans pour les canard, ou Larroque. Un plan de développement des magasins sous enseigne Larroque, au nombre trois à l’heure actuelle dans la région toulousaine, prévoit l’ouverture de deux nouvelles surfaces de ventes à Tournefeuille, toujours dans l’agglomération toulousaine, mais aussi à Narbonne dans l’Aude. Arterris ne cache pas non plus son intérêt pour la filière fruits et légumes. après une première implantation dans le légume d’hiver, la coopérative lorgne aujourd’hui sur la gamme estivale. Elle doit annoncer une nouvelle acquisition dans les semaines qui viennent, de nouveau dans le sud-est de la France, et ne cache pas regarder du côté des Pyrénées-Orientales.  « C’est un département où nous avons un plan de développement réellement ambitieux. » 

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Le cas du canard

Si la moindre performance de la coopérative l’an dernier est pour l'essentiel à imputer à la lourdeur du marché des céréales, la crise de l’influenza aviaire aura aussi coûté deux millions d’euros à Arterris l’an dernier. Et la coopérative est en colère. « Nous avons intenté un recours contre le plan de prévention et le vide sanitaire, ce n’était absolument pas cohérent et cela n’a rien résolu, comme nous le voyons aujourd’hui », peste Jacques Logié. « Disons les choses comme elles sont : avec 500 000 canards, nous sommes des petits faiseurs. Le Comité interprofessionnel du foie gras est aux mains de Maïsadour et d’Euralis, ils avaient des stocks à écouler, donc le blocage de la filière les arrangeait bien », avance-t-il ensuite. « Il aurait été possible de mettre en place un dispositif par poche plutôt que le dispositif total retenu qui nous a pénalisé alors que nous n’étions que peu concernés. Compte tenu de la contamination par l’avifaune, il faut en plus aujourd’hui, sérieusement se poser la question du confinement des canards prêt à gaver. »