Le troisième sucrier européen a enregistré un exercice 2013 mitigé, avec un recul de son chiffre d'affaires et de ses résultats, sur fond de baisse des cours du sucre et de l'éthanol. Grâce à ses positions de leader sur ses marchés, aussi bien en Europe qu'à l'international, Tereos aborde la fin des quotas sucriers en 2017 et la libéralisation des marchés sans crainte.
DANS un environnement économique globalement plus difficile, le groupe coopératif sucrier Tereos a dressé un bilan en demi-teinte de son exercice 2013/2014. Si Alexis Duval, le président du directoire, a parlé de « bons résultats après deux années de cours mondiaux du sucre exceptionnels », il n'en demeure pas moins que le chiffre d'affaires marque un recul de 5 % à 4,92 milliards d'euros et l'Ebitda de 13 % à 691 millions. Sur cette base, la marge opérationnelle s'inscrit à 14,7 %, « au dessus de notre moyenne historique » a souligné Alexis Duval. Le résultat net quant à lui baisse de 29 % à 176 millions. Dans le même temps, le groupe a maintenu son ratio endettement net financier à 2,8 fois l'Ebitda.
L'exercice s'est déroulé sur fond de baisse de 15 % du cours du sucre mondiaux par rapport à l'exercice précédent – après quatre années de production excédentaire, les stocks ont atteint en septembre 2013 leur plus haut depuis plus de 10 ans –, et d'une forte baisse également de l'éthanol en Europe depuis l'été 2013. Des éléments en partie compensés grâce au développement de Tereos à l'international, et notamment d'une augmentation des surfaces et de rendements records de canne au Brésil, mais aussi par une hausse des volumes de céréales traités et enfin d'un renforcement de sa compétitivité opérationnelle. Côté volumes, le groupe a enregistré une croissance des volumes transformés de 3,3 % pour les betteraves à 17,5 millions de tonnes, de 4 % pour les céréales à 4,2 millions et de 5,9 % pour la canne à 21,9 millions.
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Un exercice de transition qui intervient à l'approche de la fin des quotas sucrier en 2017, une réforme à laquelle le groupe se prépare de longue date et qu'il aborde sereinement, mettant en avant les positions de leader de Tereos tant en Europe qu'à l'international « grâce à nos relais de croissance dans la canne au Brésil et dans l'amidon en Asie », a indiqué Alexis Duval. De fait en France, sur le site d'Artenay, afin de réduire ses coûts, le groupe prévoit de saturer son outil en augmentant sa production dès l'année prochaine, afin d'atteindre une hausse de 20 % des volumes à l'horizon 2017 et de produire 50 % de ses besoins en énergie, grâce à la méthanisation des vinasses, une première mondiale.
A l'international, après l'acquisition en 2013 d'une deuxième amidonnerie en Chine d'une capacité de 700 000 tonnes de maïs en partenariat avec l'asiatique Wilmar, Tereos devrait démarrer la production d'amidonnerie de blé dans une nouvelle usine à Dongguan, près de Canton, d'une capacité de 500 000 tonnes de blé. La Chine est le premier marché mondial de l'amidon. Il existe dans ce pays un fort développement pour des applications alimentaires dans les nouilles et les soupes, de même qu'en Indonésie (3e importateur mondial d'amidon), où Tereos a racheté en début d'année l'unique amidonnerie du pays conjointement avec le groupe FKS, un des leaders dans ce pays dans le raffinage du sucre.