Baisse de 0,5 % de son chiffre d’affaires, son résultat net divisé par trois, ses charges financières qui explosent : le dernier exercice de Bonduelle a été très difficile. Pourtant, le transformateur de légumes reste confiant pour l’avenir. Avec un programme de réduction des coûts de 30 millions d’euros et plusieurs acquisitions en 2009, Bonduelle reste très actif. Seule ombre au tableau pour les consommateurs : le groupe projette d’augmenter le prix de ses conserves du fait d’une augmentation du prix des boîtes en acier.
Le groupe Bonduelle sort d’une année difficile. Sur son dernier exercice, son résultat net est tombé à 6 M EUR contre 20,2 M EUR en 2007-2008. Le groupe a vu son résultat opérationnel s’établir à 47,1 millions d’euros, soit une baisse de 0,6 % au premier semestre 2008-09, avec une marge opérationnelle qui reste stable à 6,3 %. Début février, le numéro un des légumes en conserve en Europe avait annoncé un recul de ses ventes de 0,5 % sur cette période. Le résultat financier a été affecté par une charge de 38,5 M EUR, contre 17,4 M EUR au premier semestre de l’exercice précédent. « Ce résultat comprend surtout des impacts comptables liés aux taux de change. Il ne correspond à aucune sortie de liquidité pour Bonduelle », a précisé Grégory Sanson, directeur financier. Le groupe maintient son objectif d’un résultat opérationnel 2008-09 supérieur à 100 millions d’euros.
Un bon amortisseur à la crise
Malgré ces résultats, Bonduelle a des motifs de satisfaction. « Il faut replacer nos résultats dans le contexte difficile de la baisse de la consommation et de la montée des MDD », a affirmé Christophe Bonduelle, p.-d.g du groupe. « Auparavant, les MDD progressaient d’un point par an, cette année elles ont progressé de deux points. Nos marques ont bien résisté », a-t-il ajouté. L’activité de légumes en conserve de Bonduelle a progressé de 5 %, grâce à l’acquisition de La Corbeille, qui représente 3,5 % du chiffre d’affaires conserve du groupe. La nouvelle gamme « Bonduelle Vapeur », lancée en début d’année, fonctionne bien, puisqu’elle a déjà atteint 60 % de référencements. L’internationalisation de Bonduelle est un bon amortisseur à la crise. En effet, le dynamisme de l’activité hors zone Europe (+3,4 % à taux de change courant) a compensé la zone Europe, qui a baissé de 1,9 %. Cela dit, la péninsule ibérique a beaucoup souffert (-7,9 % en valeur), et en Italie, le groupe vient seulement de retrouver les volumes de l’année précédant l’incendie de son usine de San Paolo.
Augmenter le prix de ses conserves
En réaction à la mauvaise conjoncture, Bonduelle lance un programme de réduction des coûts sur trois ans de 30 millions d’euros par an, qui ne passera pas par des suppressions d’emplois. L’activité de conditionnement de Flaucourt dans la Somme va être fermée pour être transférée sur le site d’Estrée. Les charges hors media vont diminuer de 20 % et les coûts de prestation informatique externe vont être réduits. Bonduelle estime par ailleurs que sa coentreprise avec Gelagri en Bretagne, dont le démarrage a été repoussé au 1 er avril (dans l’attente du feu vert de l’autorité française de la concurrence), lui permettra de réaliser 6 millions d’euros de synergies en coûts d’achats et de stockage. Pour réagir à la hausse du prix des boîtes en acier, Bonduelle devrait augmenter le prix de ses conserves. « Nous ne demandons pas de hausse de tarif à la distribution dans les négociations actuelles, car nous avions répercuté les hausses en juillet dernier. Par contre, nous devrons répercuter la hausse des prix des transformateurs d’acier lors de la prochaine saison », a expliqué Christophe Bonduelle. L’entreprise est le seul conserveur du monde à utiliser l’aluminium pour ses conserves. Mais avec 20 % d’aluminium, Bonduelle est déjà au maximum de la capacité du fournisseur, et ne pourra donc pas jouer là-dessus pour compenser la hausse de l’acier.
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De nouvelles acquisitions
Bonduelle va faire des économies, mais ne freine pas pour autant ses investissements. En effet, le groupe a acquis le fonds de commerce légumes surgelés et les marques associées à la société canadienne de négoce et de produits surgelés Family Tradition Food. Elle réalise un chiffre d’affaires de 10 millions d’euros et la moitié de sa production de 7 000 tonnes constituait déjà de la sous-traitance pour Bonduelle. Autre acquisition : Bonduelle a racheté le fonds de commerce légumes surgelés et les marques associées de l’entreprise canadienne Omstead Food, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 80 millions de dollars canadiens en 2008, pour une production de 37 000 tonnes. Ces deux acquisitions ont coûté un total de 8 millions d’euros, qui seront versés au fur à mesure que Bonduelle vérifiera que les fonds de commerce « existent réellement ». Leurs activités industrielles et commerciales seront intégrées dans les structures existantes de Bonduelle, et notamment dans l’usine de Sainte-Martine, qui verra ses capacités augmenter en 2009 et 2010.
Bonduelle a également annoncé la construction d’une usine au Brésil (à Cristalina, Etat de Goias), destinée à approvisionner les marchés d’Amérique du Sud sur lesquels Bonduelle est présent commercialement depuis plus de 15 ans. Cette acquisition représente un investissement de 15 millions d’euros sur cinq ans, pour un chiffre d’affaires de 60 millions d’euros et une capacité de 50 000 tonnes. « Grâce au climat tempéré et au système d’irrigation, nous pouvons espérer produire douze mois sur douze, ce qui est bien sûr impensable en France », se réjouit Christophe Bonduelle. L’entreprise, qui vise une part de marché de 10 % dans une région où elle n’a que des concurrents locaux, devrait démarrer la production de cette usine en janvier 2010. Bonduelle n’envisage pas d’exporter à partir du Brésil, car cela entraînerait des coûts logistiques trop élevés. L’usine brésilienne se concentrera au départ uniquement sur les conserves de petits pois et de maïs, avant de fabriquer des produits surgelés d’ici quelques années. Un autre processus est en cours : le contrôle du kolkhoze Mayak en Ukraine (27 ha de terrain industriel, 1 700 ha de terre agricole irriguable). A l’avenir, Bonduelle devrait continuer à s’étendre. « Historiquement, la moitié de notre croissance est externe. Nous avons toujours des dossiers à l’étude, et de temps en temps, il y en a un qui aboutit », conclut Christophe Bonduelle.