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Après une campagne « difficile », Maïsadour se donne des perspectives

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Filière de soja local pour l’alimentation animale, fusion des activités canards gras avec Euralis : Maïsadour veut se relancer via des projets structurants. La nouvelle campagne qui commence sera déjà marquée par une récolte de maïs « proche des records ».

Lors de l’assemblée générale de Maïsadour, le 7 décembre, les dirigeants de la coopérative se sont employés à tracer des perspectives pour mieux tourner la page d’une campagne 2020-2021 « difficile ». Premier projet structurant : le lancement de sa filière de soja local pour l’alimentation animale, baptisée « Graines d’alliance ». En partenariat avec Vivadour, celle-ci vise dans un premier temps à remplacer les 15 000 tonnes de soja non-OGM importées par leur filiale Sud-Ouest Aliment. Les adhérents de Maïsadour – qui produisent déjà 7 000 t de soja – seront sollicités pour cultiver davantage de cette légumineuse, notamment à la place du blé, moins adapté au climat du Sud-Ouest. Les graines seront triturées à Saint-Sever (Landes).

L’usine sera opérationnelle en juillet 2022 et aura une capacité de 30 000 t par an. Maïsadour vise « l’autonomie protéique à l’exercice 2022-2023 », d’après Jean-Louis Zwick, directeur du pôle agricole. « Actuellement, nos volailles sont nourries avec de l’aliment produit à 70 % dans la région, rappelle-t-il. On va passer à 80-85 % dans un rayon de 50-60 km autour des élevages. » Un argument qui permettra de « communiquer au niveau du consommateur », selon M. Zwick, le but étant d'« approvisionner des filières qui acceptent de valoriser cette différence ».

Alliance à parts égales avec Euralis

Le deuxième projet d’envergure concerne les canards gras : Maïsadour veut « faire émerger un acteur de premier plan » en fusionnant ses activités de production, transformation et commercialisation avec celles d’Euralis. Le but ? « Rendre plus robuste cette filière et faire face aux crises » comme l’influenza, résume le d.g. Christophe Bonno, récemment arrivé en provenance d’Agromousquetaires (Intermarché). L’alliance pèsera 13 millions de canards sur les 29 produits en France. L’actionnariat de la nouvelle entité sera partagé « à parts égales » entre les coopératives, 20 % seront assumés par d’autres « partenaires financiers », précise le directeur du pôle gastronomie Éric Humblot. Maïsadour attend « l’aval et les commentaires de l’Autorité de la concurrence » avant de communiquer autour de la mi-2022.

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En 2020-2021, Maïsadour a connu une année « difficile ». Entre la Covid-19, l’influenza aviaire, une récolte 2020 en recul de 30 % et l’effet des taux de change, l’EBE du groupe a fondu de 35 M€. Un recul finalement limité à -20 M€ grâce aux économies générées par la restructuration de sa filiale MVVH (gastronomie). La coopérative landaise a par ailleurs réduit son endettement d’un tiers grâce à la cession du pôle Salaisons à Fipso et celle du fabricant d’aliments pour poissons Aqualia à Le Gouessant.

500 000 t de céréales collectées en 2021

Pour l’exercice 2021-2022, le président de Maïsadour, Michel Prugue, affiche de « fortes ambitions ». Cette nouvelle campagne sera marquée par « une récolte de maïs à des niveaux proches des records », d’après lui, « en conjonction avec des prix élevés ». Une récolte que Maïsadour a maximisée en incitant ses adhérents à récolter tôt, via une réduction des frais de séchage. En tout, la coopérative a collecté plus de 500 000 t de céréales (dont plus de 90 % de maïs). Pour Jean-Louis Zwick (pôle agricole), la pénurie actuelle d’engrais azotés ne devrait pénaliser « qu’à la marge » les prochains semis de maïs au printemps 2022. « Il ne faut ne pas laisser penser que la coopérative ne sera pas au rendez-vous pour livrer ses adhérents en éléments fertilisants », martèle Michel Prugue.

Finalement, la principale ombre au tableau – la flambée des matières premières – concerne avant tout l’élevage. Face à une hausse de 28 à 35 % en un an pour l’alimentation animale, M. Prugue appelle les clients de Maïsadour à « passer des hausses dès maintenant » : « On ne parle pas d’améliorer la marge, mais simplement de pouvoir maintenir l’existant. »

« Autonomie protéique en 2022-2023 »

Fusionner avec Euralis pour « être plus robuste » en canards gras