Le pôle de compétitivité Aquimer, qui a un budget de 84,1 millions d’euros, aide les entreprises à valoriser leurs coproduits de la mer. Selon Aquimer, il est nécessaire que le secteur des produits de la mer trouve de nouvelles ressources à valeur ajoutée, et ne se contente plus de fabriquer de la farine de poisson. Le projet « Semineroil » est un exemple frappant des programmes soutenus par Aquimer. Développé par la coopérative Copalis (12 millions d’euros de chiffre d’affaires), Semineroil vise à créer de nouveaux coproduits à partir des coquillages et des huiles de poissons. Ce type d’initiative permet au marché des produits aquatiques, déjà en plein essor (2 % de croissance par an), de se développer davantage.
Aquimer, qui s’appelait auparavant « pôle filière produits aquatiques », soutient en ce moment de nombreux programmes pour valoriser les coproduits de la mer. Ce pôle de compétitivité a pour but d’aider les entreprises à mettre en œuvre et à commercialiser des produits de la mer à haute valeur ajoutée. Créée en 1999 et labellisé Pôle de compétitivité national en 2005, Aquimer considère que la valorisation est nécessaire pour trouver de nouveaux débouchés aux produits de la mer. « Ce secteur ne peut pas espérer avoir des quotas plus élevés. Pour sortir par le haut, il faut donc valoriser les produits de la mer », estime Jean-Baptiste Delpierre, président d’Aquimer. « Aujourd’hui, entre 47 % et 52 % de ces produits sont peu ou mal valorisés », poursuit-il.
Une ressource peu exploitée
Aquimer a une vocation nationale et est le seul pôle de compétitivité à œuvrer dans son domaine. Son collège professionnel comprend de nombreux industriels, notamment Delpierre, Copalis, MerAlliance, Roquette et Fleury Michon. Le pôle est financé par l’Union européenne, l’Etat, les collectivités territoriales et les professionnels. Son budget global de recherche s’élève à 84,1 millions d’euros. Pour le moment, 20 projets ont démarré pour un montant global de 50,5 millions d’euros, dont 33,9 millions d’euros pour le projet « Algohub » (micro-algues) développé par l’entreprise Roquette. La valorisation des coproduits de la mer est pour le moment peu exploitée en France : ils ne représentent que 47 % du tonnage brut des activités de mareyage, de saurisserie et de conserverie. Selon Aquimer, il est nécessaire de trouver de nouvelles ressources à valeur ajoutée, et ne plus se contenter de fabriquer de la farine de poisson. Pour l’alimentation humaine, les coproduits de la mer peuvent être notamment de la pulpe de poissons et des extraits aromatiques.
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Valoriser les coquilles et les huiles de poisson
« Seamineroil » est un bon exemple de programme soutenu par Aquimer. Ce projet de la coopérative Copalis vise à développer de nouveaux produits à partir des produits secondaires des coquillages et des huiles de poissons. La coopérative, qui a réalisé 12 millions d’euros de chiffre d’affaires l’année dernière, est spécialisée dans les coproduits du filetage (tête et peau des poissons) et dans les coproduits de la conserverie et de la saurisserie. Au départ simple producteur de farine de poissons et de protéines de poissons, Copalis développe aujourd’hui de nouvelles technologies et travaille notamment pour la diététique et la cosmétique. « Seamineroil » a pour but de valoriser les coquilles et les huiles de poisson, qui peuvent être une source de molécules telles que les Oméga 3. Les coquilles et les coquillages comestibles représentent environ 100 000 tonnes de produits non valorisées. Aquimer permet à Copalis d’investir 2 millions d’euros dans cette recherche de nouveaux produits à forte valeur ajoutée à destination notamment de la nutrition animale et de l’alimentation humaine.
Un marché plein de promesses
A une époque où les consommateurs font de plus en plus attention aux qualités nutritionnelles de ce qu’ils consomment et à leur impact sur la santé, les coproduits alimentaires peuvent connaître un véritable essor. Par exemple, le peptide purifié de chair de poisson a des propriétés anti-stress et la peau du poisson blanc produit un effet anti-rides. « Le peptide que l’on peut trouver dans les coproduits de la mer a un effet aussi puissant que la molécule du Valium », explique le Docteur Jean-Michel Lecerf, directeur du service nutrition à l’Institut Pasteur de Lille, qui poursuit : « Par ailleurs, il est très important de valoriser les coproduits de la mer, sinon nous connaîtrons un déficit en Omega 3 par rapport à ce que conseillent les nutritionnistes ». Globalement, le marché de la pêche et de l’aquaculture est plein de promesses. Son chiffre d’affaires s’élève à 1 725 millions d’euros, pour 727 067 tonnes. En 2008, les Français ont chacun consommé en moyenne 35 kg de produits aquatiques. Selon France Agrimer – TNS, ce marché progresse de 2 % en volume et en valeur chaque année. 13 000 entreprises en France travaillent dans le secteur des produits aquatiques, ce qui représente 50 000 emplois. Et l’essor de ce marché n’est pas près de s’arrêter. « Bientôt nous mangerons tout dans le poisson. Le poisson d’aujourd’hui est le porc d’autrefois », estime Jean-Michel Lecerf.