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Arbiom va construire sa première usine pour produire une protéine à haute qualité nutritionnelle

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La start-up Arbiom vient d’obtenir un financement de 12 millions d’euros dans le cadre du programme d’investissements d’avenir France Relance pour la construction de sa première usine pour la production de levure protéique issue de déchets agricoles et forestiers. La commercialisation de son ingrédient à destination de la pisciculture, du pet food et des porcelets est prévue pour 2024.

Arbiom, start-up franco-américaine, spécialiste de la production de protéines de haute qualité nutritionnelle, vient de recevoir une subvention de 12 millions d’euros dans le cadre du programme d’investissements d’avenir France Relance. Grâce à cet apport de fonds, la société va pouvoir lancer la construction de sa première usine « d’ici la fin de l’année, précise Marc Chevrel, le président, pour une première commercialisation en 2024. Après cinq ans de recherches sur les protéines alternatives, Arbiom vient de terminer son programme de démonstration et peut maintenant passer à l’étape supérieure ». L’objectif est d’atteindre une production de 10 000 tonnes de levure protéique (marque Sylpro) par an sur ce site, qui sera basé en région Auvergne Rhône Alpes sur 2 hectares environ. La société prévoit également le recrutement de 40 personnes (25 salariés actuellement).

Arbiom a développé une technologie unique en valorisant des résidus agricoles et forestiers (bois, paille, produits agricoles). Son procédé transforme la biomasse lignocellulosique en un microorganisme unicellulaire. L’ingrédient mis au point par Arbiom prend la forme d’une levure protéique qui peut être utilisée pour l’alimentation animale et humaine et répond aux enjeux de l’alimentation de demain. « 80 % des protéines pour l’alimentation animale en Europe sont importées, rappelle Marc Chevrel, essentiellement le soja. Notre objectif n’est pas de le remplacer totalement à 1 pour 1, mais de faire de Sylpro un ingrédient supplémentaire dans les formulations. Compte tenu de sa grande digestibilité, il permet de les modifier et de les adapter, en diminuant notamment la part du soja. Et d’un point de vue durable, sa meilleure digestibilité et donc sa meilleure absorption par l’animal, entraîne également moins de rejets négatifs dans l’environnement. »

Et si leurs clients sont certes les mêmes, la société n’entre pas vraiment en concurrence avec les sociétés qui produisent de la protéine à base d’insectes. « Le marché de l’alimentation animale est en croissance et il y a de la place pour tout le monde. Et nous n’utilisons pas le même substrat que pour la production de protéines à base d’insectes. Notre produit est une création nette de protéines », ajoute Marc Chevrel.

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Sylpro affiche des qualités non seulement nutritionnelles et fonctionnelles, mais aussi durables. Il peut notamment se substituer aux protéines conventionnelles, notamment les farines de poissons, mais surtout les tourteaux ou concentrés de soja.

La société est déjà en discussion avec des fabricants d’aliments pour l’aquaculture, les animaux de compagnie et les porcelets en Europe et en Amérique du Nord pour l’utilisation de Sylco. Elle a également travaillé sur des concepts pour l’alimentation humaine, sur des substituts de viande et de poulet. « Nous regardons aussi du côté des fromages et de tout ce qui est pâte à tartiner. Mais notre métier n’est pas de créer des produits pour les consommateurs, juste de valider la preuve du concept. »