Abonné

ABATTOIR/INVESTISSEMENTS Arcadie cède l'abattoir d'Auch, mais restera usager

- - 3 min

L'agglomération d'Auch reprend les bâtiments et investit pour moderniser l'outil tandis que le monde agricole et coopératif se mobilise pour pérenniser l'abattoir. Vivadour ne sera pas partie prenante dans le dossier, mais participera au tour de table en tant que soutien.

Depuis plusieurs mois déjà, l'agglomération du Grand Auch, dans le Gers, cherchait à sauver son abattoir, et les 80 emplois qui en découlent. L'outil devant subir une importante remise à niveau, son propriétaire Arcadie ne souhaitait pas assumer cet investissement. L'accord en cours de finalisation prévoit la reprise des murs et la réhabilitation par l'agglomération, ainsi que la création d'une nouvelle société d'exploitation au sein de laquelle Arcadie ne sera plus majoritaire. « Pour nous, c'est un équipement essentiel, un réservoir d'emplois non négligeable avec des personnels aux compétences spécifiques qu'il est difficile de recaser ensuite dans d'autres emplois si le leur disparaît », justifie Roger Tramont, vice-président de Grand Auch agglomération avant de détailler l'opération : « Nous rachetons les locaux pour 488 000 euros et allons financer les travaux de restructuration ». Cela passe par une réduction de capacité de 14 000 tonnes à 4 à 5000 tonnes annuelles, pour parvenir à conserver un coût d'abattage compétitif, à 0,25 euro le kg de carcasse. « Le tout représente un montant de 2,5 M€, auquel abondera l'État, la région, le département… Nous financerons 60 % de l'investissement total, et la location aux usagers doit nous permettre d'amortir en 10 ans », précise ce dernier.

VIVADOUR EN SOUTIEN

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Du côté des usagers, Arcadie reste utilisateur de l'outil à travers une nouvelle société d'exploitation qui doit être créée cette semaine avec d'autres acteurs. Et notamment une SAS fondée par l'association des éleveurs (ADEL) du Gers. Le tour de table de départ, devant rassembler au minimum 80 000 euros, devrait être composé par Arcadie et la SAS créée par l'association d'éleveurs du département à hauteur de 25 % du capital chacune, tandis que deux utilisateurs de l'abattoir, la Sodeco et Gers Bœuf, et la chambre d'agriculture détiendront le solde. Vivadour a annoncé de son côté son intention d'investir pour 10 000 euros au titre du soutien à l'initiative. « Nous n'avons jamais pu trouver d'accords avec Arcadie concernant l'abattoir d'Auch et le développement de nos filières », détaille Franck Clavier, directeur du groupe coopératif gersois, « notamment en ce qui concerne les garanties de marges que nous imposons dans ces schémas pour nos adhérents. Donc, nous ne serons pas des acteurs de cet abattoir, ni décisionnaires, nous continuerons de travailler avec Bigard à Castres et Jucla à Tarbes. Mais nous avons aussi des adhérents qui ne travaillent pas avec nous sur les bovins alors qu'ils sont engagés sur d'autres productions. Nous venons donc en soutien parce qu'ils ont besoin de cet outil. » Au même titre que les autres coopératives céréalières du département… Le tour de table restant ouvert jusqu'à 180 000 euros, des groupes d'éleveurs se sont aussi positionnés, voire des individuels…