Surnommé le « roi du soja », l’agriculteur Gustavo Grobocopatel et Juan Grabois, avocat militant de la cause paysanne proche du pape François, ont annoncé un partenariat de travail visant à faciliter l’accès au foncier des maraîchers en situation de pauvreté.
L’agriculteur argentin Gustavo Grobocopatel, surnommé le « roi du soja », et l’avocat militant de la cause paysanne Juan Grabois, un proche du pape François à la tête du Mouvement des travailleurs exclus (MTE), ont posé les bases d’un partenariat de travail visant à favoriser le financement de projets agro-écologiques, notamment par l’accès au foncier. Ce projet de partenariat a été annoncé par les deux hommes lors d’une conférence tenue conjointement à l’université nationale de Córdoba, le 26 avril. Leur collaboration vise à faciliter l’accès à la propriété foncière des maraîchers en situation de pauvreté, selon Juan Grabois : « Environ 50 000 d’entre eux louent des terrains au prix fort, alors qu’ils vivent sous un toit de fortune et que leurs revenus sont misérables. »
Gustavo Grobocopatel, qui gère une centaine de milliers d’hectares dans le pays, collabore déjà avec l’organisation de Juan Grabois par le biais de sa participation au programme Argentine Harmonieuse lancé en 2019 par des universités et des ONG environnementales pour résoudre les problèmes de l’économie agricole populaire. Ce programme oriente notamment des investisseurs privés vers des projets agro-écologiques et il y sensibilise les dirigeants politiques.
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Accusation de « social-washing »
L’annonce d’un pacte Grobocopatel-Grabois a fait le buzz en Argentine. Leur célébrité, eux qui incarnent l’agrobusiness sans complexe pour le premier, et l’agriculture paysanne précaire pour le second, y a contribué. Juan Grabois a d’ailleurs tout fait pour, en déclarant lors de leur conférence : « Si je dois faire un bisou à Grobocopatel afin que 50 000 maraîchers obtiennent leurs titres de propriété, je le ferai et je me fous des troskistes », a-t-il répondu à un professeur l’accusant de « social-washing », c’est-à-dire de légitimer l’agriculture d’employés à très grande échelle qu’incarne M. Grobocopatel en Argentine depuis deux décennies.
Face à un tel remous médiatique, M. Grobocopatel a clarifié par voie de presse qu’il n’existe « aucun accord formel avec M. Grabois », tout en reconnaissant leur collaboration par le biais du programme Argentine Harmonieuse. Juan Grabois a lui confirmé l’existence d’un pacte entre eux, sans toutefois le définir. Il a mentionné dans son intervention à Córdoba la création de zones de protection environnementales pour contrer la spéculation immobilière qui menace l’activité des maraîchers. Mais ceci concerne un projet de loi présenté au Parlement par son mouvement, et non le projet commun avec M. Grobocopatel.