Fâcheuse coïncidence. L’affichage de la nouvelle campagne de publicité institutionnelle de Carrefour quelques jours après la publication de résultats qui mettent en lumière la contre-performance de l’enseigne en France, fait tache. Pour tout dire, l’on peut redouter qu’elle provoque l’effet inverse à celui recherché. De longue date déjà, le distributeur tente de persuader le consommateur qu’il lave plus blanc que blanc en matière de sécurité alimentaire, de qualité des produits et de développement durable. Autant de bonnes raisons qu’il lui soumet pour le convaincre de faire ses courses dans ses magasins, plutôt que dans d’autres, chez les maxidiscompteurs par exemple. Mais le chaland ne l’entend pas de cette oreille, les chiffres le démontrent. Quelle sera donc l’efficacité de la campagne de Carrefour, sans nul doute coûteuse en argent et en énergie ? Quant à ses “partenaires” industriels, qui ont beaucoup à perdre, eux aussi, à l’essor continu du maxidiscompte (qu’ils songent à leurs homologues allemands), ne gagneraient-ils pas désormais à militer en faveur d’un assouplissement de la loi Raffarin ? La mesure redonnerait un souffle et des arguments à la grande distribution classique face à des maxidiscompteurs sans complexes.