Le producteur de saumon fumé Armoric, à Quimper, qui avait mis en place en 1997 un accord « offensif » sur la réduction du temps de travail, en revoit les grandes dispositions afin de s’adapter à la loi Fillon, tout en répondant au souci des salariés de gagner plus. L’accord d’entreprise vient d’être signé.
Il ne s’agit pas de la remise en cause des 35 heures», mais de la mise en œuvre des dispositions de la loi Fillon. Gilles Charpentier, p.-d.g. d’Armoric, leader en France des marques de distributeurs dans le saumon fumé, défend avec conviction le nouvel accord sur l’organisation du temps de travail dont il vient de faire accepter les grandes lignes aux représentants des 200 salariés de son entreprise.
Le dirigeant (qui table en 2004 sur un chiffre d’affaires avoisinant les 64 millions d’euros pour près de 3 500 tonnes de produits) fait valoir qu’il n’avait pas d’autre choix. Depuis 1997, les salariés permanents de la société bénéficient d’un accord « offensif » de type de Robien sur la réduction du temps de travail.
Selon cet accord, leur temps de travail atteint 35 heures (temps de pause compris) en moyenne annuelle payées 39, avec 29 jours de RTT qui compensent les variations du temps de travail hebdomadaire – de 26 à 48 heures pour une activité fortement saisonnière. En vertu de cet accord, « nous avions des exemptions de charges sociales, de l’ordre de 7 % de la masse salariale », explique Gilles Charpentier.
Celui-ci a donc proposé aux salariés, en juillet, un projet de remplacement qui consistait à augmenter de quatre heures la moyenne hebdomadaire de travail effectif, mais en n’en payant que deux. Pour lui, il s’agissait de partager les efforts tout en gardant la modulation du temps de travail et une bonne partie des jours de RTT, mais avec un blocage de salaire pendant deux ans.
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Demandes des salariés
Le p.-d.g. assure avoir voulu satisfaire les demandes des salariés à gagner plus, et dans le même temps réduire le coût salarial horaire pour compenser la fin annoncée de l’exemption de partie des charges sociales dont l’entreprise bénéficiait depuis 1997. Syndicat majoritaire chez Armoric, la CGT, a recalé le projet. Les représentants des salariés ont voulu débloquer la situation en procédant, vendredi 3 septembre, à des débrayages. Les négociations reprises ont finalement abouti à un projet d’accord, le 6 septembre.
Le temps de travail hebdomadaire reste le même (35 heures en moyenne annuelle), mais les salariés ne conservent que 23 jours de RTT. Exit les 6 jours de RTT supplémentaires qui correspondaient aux heures travaillées au-delà de 39 heures. Elles seront désormais payées.
Un accord du même type a été signé lundi après-midi entre la direction et le second site de production du groupe, Narvik à Landivisiau, qui emploie 180 salariés permanents. Cette société bénéficiait également d’un accord de type de Robien depuis 1997. Selon la déléguée CGT du site, Danièle Guyot, l’accord obtenu après un débrayage, le 6 septembre, dans l’usine, permet « le maintien des 35 heures avec annualisation du temps de travail, maintien de la vingtaine des jours de RTT et, au choix au-delà des 39 heures, paiement en heures supplémentaires ou allocation de jours supplémentaires de RTT ».