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Volailles/Stratégie Arrivé montre le chemin des investissements rentables

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Le 4e volailler français, avant du moins les contrecoups probables de la grippe aviaire sur l’évolution de la demande, garde l’appétit et a programmé un vigoureux plan d’investissement sur ses différents métiers.

Quelque 8% d’augmentation du chiffre d’affaires sur l’exercice 2004 (517,4 M EUR) et un résultat net de 3,5 millions d’euros, soit deux fois et demi de plus que l’année précédente, la tendance semble favorable pour le groupe Arrivé, spécialisé à la fois dans la volaille et la nutrition animale Cf Agra alimentation n° 1883 du 12.05.05 p. 32. L’exercice 2005 devrait être encore meilleur et dégager davantage de résultat même si la croissance n’est pas aussi élevée (5% attendus) et si la charge des investissements, en publicité notamment, est plutôt en augmentation.

Cela dit sans compter un revers de conjoncture dû à l’impact psychologique de la crise aviaire aux portes de l’Europe. Jacques Arrivé, le p.-d.g. de l’entreprise familiale créée en 1950 et dont le capital est aussi détenu par Unigrains et par les éleveurs de la CIAB, a en tout cas pu faire oublier le résultat déficitaire un peu accidentel de 2002 qui s’expliquait par la dégradation du marché à un moment où l’entreprise investissait fortement (au total 94 M EUR de 2000 à 2004 pour reconstruire l’usine de St Germain-des-Fossés, créer un nouvel outil pour les pet-foods et augmenter ses capacités en produits élaborés de volaille).

Au total, l’entreprise a augmenté de 50% son chiffre d’affaires consolidé depuis 2000. En effet, sa croissance externe ne s’est guère ralentie sur ces dernières années entre la reprise de Bellané et Bellavol en nutrition animale, du site de St-Germain-des-Fossés (ex-Bourgoin), de l’abattoir de la société Bernard à Challans et des sociétés Dangoumeau, Bresse Bourg Volaille, et tout récemment de Stévenot (aliments bovins).

Pari sur la filière franco-française

Le numéro 4 de la volaille a fait un vrai pari sur la rentabilité de ses investissements en particulier dans la filière franco-française avec des partenariats amont dans ses principales régions de production (Vendée, Landes, Auvergne). Alors que le secteur reste traumatisé par la concurrence des nouveaux intervenants des pays tiers, sa stratégie se veut innovante et relativement équilibrée entre le secteur de la nutrition animale, de la volaille fermière avec les marques Maître Coq et Saint-Sever et ses produits sous Label rouge, l’activité de produits élaborés (25% de son CA) à marque et sous MDD et les aliments pour chiens et chats (encore seulement 2%).

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Le groupe Arrivé réalise ses ventes de viande de volaille surtout en France où, en tant que «généraliste» sa présence s’impose à la fois dans le circuit traditionnel et en GMS (mais quasiment pas sur les marchés d’exportation), en volailles entières sous label et en produits de découpe élaborés. Sa croissance a atteint +4% en 2004 à 265 M EUR mais +17% en produits élaborés à 102 M EUR. Si le groupe est n°2 pour les volailles fermières en France, il est n°1 pour les snacks de volaille avec la gamme micro-ondable Croq’ailes (54% de parts de marché) et n°3 sur les panés avec la meilleure progression en 2004 (+39%) tandis qu’il reste absent du segment des charcuteries de volailles qu’ont investi au contraire son concurrent LDC ou le groupe Fleury Michon. Arrivé, tout en ayant un pied dans le hard-discount (environ 5% de son activité volailles) et dans les MDD (20%), continue de défendre ses marque pour lesquelles il investit quelque 1,5 M EUR.

35 M EUR de fonds propres

L’activité nutrition animale, qui a l’avantage pour le groupe de dégager des résultats à contre-cycle par rapport à la volaille, a échappé à la déprime du marché (-1,2%) puisque son chiffre d’affaires a augmenté de 4% à 144 M EUR en ce qui concerne les aliments pour animaux d’élevage et de 7,5% à 9 M EUR pour le pet-food : cette activité a été dotée d’un potentiel de 30 000 tonnes, soit un doublement possible d’ici cinq ans de sa production de croquettes (à base de carcasses de volailles du groupe) grâce à l’achèvement de l’unité de la société ADP Vendée. En attendant, des accords de sous-traitance ont été conclus avec Virbac et Hills (filiale de Colgate), pour la production d’aliments pour chiens allergiques.

Fort de 35 millions de fonds propres, le groupe investit l’équivalent de sa marge brute d’autofinancement : il a ainsi programmé en 2005 une enveloppe sensiblement supérieure à celle de 2004 (20 M EUR contre 12,5 M) pour notamment achever la plate-forme logistique de St-Fulgent, installer les sprinklers dans ses usines, accroître ses capacités en nutrition animale et en stockage de matières premières et de pet-food.