Après son rapprochement avec Sud-Céréales, Arterris entend consolider ses activités, notamment dans le commerce du blé dur. Le groupe audois a présenté ses résultats en début de semaine à Castelnaudary et va renforcer son offre en approvisionnements dans le grand sud.
Avec une collecte en repli pour l'exercice 2013/2014, Arterris ne pouvait s'attendre à des miracles, même si son immense zone de compétences, de la région toulousaine à la Côte d'Azur répartit les risques. Le groupe a donc collecté 1,09 million de tonnes de grains, dont 336 000 tonnes de blé dur, 160 000 de blé tendre, 84 000 tonnes de maïs et 100 000 tonnes de tournesol. Avec des filières en grande partie contractualisées, que ce soit pour le blé dur avec Panzani, le riz avec Soufflet… Créée après le rapprochement avec Sud-Céréales, Durum a assuré pour la première fois la commercialisation de la production d'Arterris. Cette société de négoce international a mis en marché 1,5 Mt de blé dur, approvisionné à 46 % par Arterris et ses associés et 26 % par des opérateurs « pays tiers ». Très présent dans le monde de la multiplication de semence, le groupe a ajouté 1 000 hectares de semences de maïs cette année grâce à l'apport d'un nouveau contrat avec Syngenta. Au total, la production de semences représente 23 000 hectares, 7,5 % de l'emblavement des adhérents de la coopérative. Avec une production de semences autogames (blé, riz, pois et pois chiches, orge, qui représentent 3 300 tonnes produites) d'hybrides ou de légumes. C'est dans ce domaine qu'Arterris a repris au cours de l'exercice la coop Silvacane, à Laroque d'Anthéron avec ses 25 producteurs et 4 M€ de CA, spécialisée en légumes plein champ.
LA coopérative Arterris a réalisé un chiffre d'affaires de 517 M€ en 2013/2014 contre 604 M€ l'année précédente, la conjoncture céréalière expliquant cette importante différence. Avec un résultat d'exploitation de 7,5 M€, elle a procédé comptablement à des retraits et des réévaluations de valeurs pour un peu plus de 9,6 M€ qui génèrent un résultat négatif de - 1,5 M€ pour l'exercice. En consolidé avec les filiales, le groupe Arterris a réalisé un CA de 703 M€ pour un résultat d'exploitation de 7,3 M€ et un résultat net de 0,6 M€ semblable à celui de l'an passé.
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L'exercice en cours, 2014-2015, sera celui du déploiement d'une nouvelle offre en appro dans la zone couverte par Sud-Céréales. En sortant du capital de l'agrofournisseur Peret, avec qui Sud-Céréales était lié, le groupe retrouve une large marge de manœuvre sur l'ensemble de son territoire, à l'exception de l'Hérault et de l'est de l'Aude. « Nous allons procéder différemment », a détaillé Jacques Logié, directeur général du groupe. « Plutôt que de multiplier les points de vente, nous allons opérer à partir de deux plateformes avec une logistique performante. Et le premier objectif c'est d'abord de convaincre nos adhérents sur la zone, conquérir le marché de notre collecte sur une zone où nous n'avons jamais existé. » Enfin, Arterris devrait fusionner dans les semaines qui viennent avec la coopérative de Mazamet, une petite coop d'appro locale sans spécialisation qui offre au groupe une présence renforcée dans un secteur qu'elle ne couvrait qu'à peine.
Diversification soutenue en productions animales
Déjà largement engagée dans les productions de volailles de chair et grasses par ses deux filiales Savidoc et Fermiers Occitans, le groupe a racheté la conserverie Larroque à Montauban en début d'été. De quoi ajouter 50 000 canards gras aux 50 000 déjà produits par les Fermiers occitans, mais surtout de profiter de l'apport des trois boutiques de vente directe de l'entreprise. Le groupe dispose aujourd'hui au total de sept boutiques pour diffuser ses productions en direct avec notamment le concept Frais d'ici inauguré en octobre à Portet sur Garonne dans la banlieue toulousaine. Sur ce sujet, Jacques Logié annonçait que cette expérience de commercialisation directe menée en partenariat avec InVivo, allait être observée pendant au moins deux ans, et confirmée en trois ans avant qu'une décision de reproduire le schéma ailleurs soit prise. Autre secteur moins traditionnel dans lequel Arterris est engagé, la production de bovins fait également l'objet de toutes les réflexions. Pour l'heure, un partenariat avec la coop spécialisée Synergie en Ariège a permis la création d'une filiale, Pamiers élevage, qui a produit 2 000 bovins au cours du dernier exercice. « Mais nous réfléchissons à des projets plus structurants encore », a annoncé sans vouloir en dire plus le DG du groupe lors du point presse. Le groupe produit par ailleurs 70 000 volailles semaines, 60 000 en standard et 10 000 en fermier mais aussi des lapins et des dindes, notamment au travers de sa filiale Linea en Catalogne.