Abonné

Stratégie Arterris structure ses productions agricoles autour de son aval

- - 4 min

Après le rachat d’une partie des actifs du groupe de Monique Piffaut, Arterris lorgne toujours sur les fruits et légumes. Son chiffre d’affaires a dépassé le milliard d’euros pour la première fois en 2017-2018.

L’année 2018 apporte sans doute de l’eau au moulin des dirigeants du groupe coopératif Arterris, engagé dans un processus de diversification à marche forcée depuis trois ans. Les collectes de l’année, tant en céréales d’été, que d’hiver, ont été marquées par une importante baisse des rendements – plus de 25 % en moyenne – et une qualité tout aussi moyenne. Le groupe coopératif présidé par Régis Serres a procédé au cours de l’exercice 2017/2018 à l’intégration de plusieurs entreprises rachetées lors du démantèlement de la Financière Turenne-Lafayette et notamment la Belle Chaurienne. « Nous sommes persuadés aujourd’hui que la valeur ne se crée plus à l’amont, puisque nous sommes corsetés par la réglementation », précise-t-il.

La production agricole proprement dite représente 68 % du chiffre d’affaires du groupe qui lorgne de plus en plus vers la distribution, dans le sillage des corners d’alimentation direct producteur Frais d’ici. « Le Frais d’ici de Foix, installé dans un des 44 Gamm Vert que nous possédons affiche des résultats au-delà de nos espérances. Nous allons cette année en ouvrir d’autres à Gaillac, Castelnaudary et dans une autre ville non déterminée pour l’heure. Nous savons que même si nous prenons 300 ou 400 m2 de surfaces de vente à nos jardineries pour installer ces corners, cela n’empêche pas le chiffre d’affaires des magasins de progresser. » Régis Serres attend aussi beaucoup de la reprise de Jardiland par l’union de coop InVivo en septembre dernier. « Nous pourrions alors y installer des Frais d’ici, ce qui représenterait près de 100 corners supplémentaires », explique-t-il. Reste qu’il faut aussi alimenter les rayons de ces points de vente.

Fusion suspendue

« Nous sommes aussi occupés à structurer l’amont autour des entreprises que nous avons rachetées. La Belle Chaurienne crée de belles opportunités. Il faut que nous doublions notre production de canards pour atteindre 800 000 têtes et pouvoir ainsi assurer nous-mêmes ses approvisionnements. Mais la Belle Chaurienne ne prennant ni les magrets ni les foies gras pour le moment, il va nous falloir aussi muscler nos débouchés pour ces produits ! » Il reste aussi au groupe à consolider sa présence dans le monde de la production de fruits et légumes, même s’il a acquis des opérateurs du secteur dans le Sud-Est ces dernières années pour un CA de 21 millions d’euros. Un temps envisagé, la fusion avec un autre groupe coopératif des Pyrénées-Orientales spécialiste des fruits et légumes, Teraneo, a été suspendue pour des « dissensions internes » au sein de l’entreprise catalane selon Régis Serres. Mais le groupe reste attentif aux opportunités qui pourraient se présenter.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

céréales
Suivi
Suivre

Au cours de l’exercice 2017/2018, le groupe Arterris a annoncé un Ebitda de 24,3 millions d’euros (contre 21,5 millions d’euros en 2016/2017) pour un chiffre d’affaires de 1,003 milliard d’euros (contre 870,5 M€). Il a par ailleurs dégagé un résultat d’exploitation de 6,12 millions d’euros et un résultat net consolidé de 338 000 euros (après une charge exceptionnelle de 4,4 millions d’euros). Les investissements sur l’exercice ont atteint 32 millions d’euros. À 69,6 millions d’euros au 30 juin 2018, l’endettement financier net représente 2,9 années d’Ebitda, soit un peu moins que l’exercice précédent. Le pôle agricole représente 68 % de l’activité, le pôle alimentaire 25 % et le pôle distribution 7 %.

Jean-François Naudi élu président d’Arterris

Le conseil d’administration d’Arterris a élu le 13 décembre Jean-François Naudi comme président. Âgé de 45 ans, Jean-François Naudi gère une exploitation de 185 hectares de productions végétales en Ariège. Il succède à Régis Serres, atteint par la limite d’âge statutaire. « Le nouveau président sera épaulé dans sa mission par des présidents de pôles qui sont respectivement Edouard Cavalier, Pascal Levade et Michel Pontier » précise le communiqué.