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Foie gras Arthur d’Espous, directeur général de Jean Larnaudie : « La loi Egalim entraîne une grande incertitude  »

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Jean Larnaudie, l’industriel du foie gras basé à Figeac (Lot), filiale du groupe CA Holding de la famille d’Espous, fait partie du quatuor de tête des marques de foie gras vendues en GMS (hors MDD). Il revendique la place de 2e marque du marché en valeur en GMS, en 2017.  

Sur un marché du foie gras plutôt stable, vous revendiquez une part de marché de 18% en valeur en 2017, en progression de 33,8%. Sur quelles bases repose votre croissance ?

Depuis cinq à six ans, notre chiffre d’affaires progresse de 10% par an. Nous avons beaucoup communiqué sur notre marque. Aujourd’hui, 90% de notre production sont vendus sous la marque Larnaudie. Depuis une dizaine d’années, nous avons travaillé sur la qualité, la sélection de la matière première, le savoir-faire. Nous avons segmenté notre offre en différentes gammes pour couvrir tous les moments de consommation. Nous connaissons un développement important sur le foie gras entier et sur le mi-cuit. Les médailles obtenues au Concours général agricole nous ont bien aidés. Elles offrent une réssurance au consommateur. Nous effectuons aussi un gros travail d’animation en magasin avec 1 000 journées sur la période des fêtes.

En octobre 2017, vous avez racheté à Agromousquetaires Les Canards d’Auzan, le 4e abatteur de la filière en volume. Avez-vous d’autres projets de croissance externe ?

Le rachat des Canards d’Auzan fait partie de notre volonté de sécuriser les approvisionnements et de maîtriser la partie amont. Il nous a permis de répondre à la pénurie forte de matière première en période de crise aviaire. Il nous permet aussi un développement sur le magret et le foie gras frais. Nous n’avons pas identifié d'autre opportunité de croissance externe pour l’activité canard. Nous investissons en interne. Nous sommes à mi-chemin d’un plan d'investissement de 6 millions d’euros sur quatre ans développé sur notre site historique de Figeac en immobilier et matériel, pour accompagner la croissance, améliorer les conditions de travail et la préparation des commandes.                                                                                             

Quelles sont les perspectives pour le marché du foie gras ?

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Nous avons déjà travaillé sur notre plan d'affaires 2019, mais nous sommes dans l’attente de la publication des ordonnances de la loi Egalim qui crée une grande incertitude quant à la définition des promotions et du seuil de revente à perte. Nous avons revu notre organisation commerciale en prévision. Nous avons une chaîne courte qui permet une réaction rapide.

Le foie gras est le produit le plus mis en avant sur les catalogues : 70% des ventes sur l'ensemble du marché font l’objet d’une mise en avant, selon Nielsen. Une simple mise sur catalogue sans prix barré sera-t-elle considérée comme une promotion ?  Les avis divergent selon les différents acteurs. La définition de ce qui sera considéré comme une promotion à l'avenir aura un fort impact.

La galaxie d’Espous

CA Holding, créé par Antoine d’Espous (le père d’ Arthur d’Espous) en 1992, a pour filiales Jean Larnaudie (racheté en 1998), les Canards d’Auzan rachetés à Agromousquetaires en 2017 (70 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2016) et La Lauragaise (ex-Spanghero), basée à Castelnaudary, rachetée en 2014 et rebaptisée Les Occitanes. CA Animation, le holding de tête historique familial, chapeaute deux entités, CA Holding et CA Traiteur et salaisons. Ce dernier comprend notamment Loste Tradi-France, racheté en 1992 par Antoine d’Espous à Fleury-Michon et SDP Rungis, distributeur de produits d’épicerie fine. Cette branche compte 10 ateliers de fabrication dans toute la France et grossit à coup de d'opérations de croissance externe. Lartigau (charcutier landais), repris en 2017 et Breton Distribution (distribution de produits de charcuterie et traiteur en Midi-Pyrénées basé en Aveyron), repris en 2018, sont les dernières acquisitions. Par deux fois déjà (2014 et 2016), le groupe familial a été accompagné par Amundi pour réaliser un emprunt obligataire privé, sous forme d'euro PP.

Le groupe familial ne communique pas ses comptes annuels. Un communiqué de Sodica Agro (groupe Crédit Agricole) à l'occasion de la prise de contrôle des Canards d'Auzan en octobre 2017, évaluait le chiffre d'affaires du groupe à plus de 400 millions d’euros. Selon Arthur d'Espous, l’export pèse 10% du chiffre d’affaires.