La publication des comptes annuels de Picard fin juin a donné lieu à la publication d’une étude par l’analyste de Vontobel Research, spécialiste d’Aryzta, actionnaire à 49,5 % du groupe de surgelés. L’analyste estime que, compte tenu de ces résultats, il serait difficile pour Aryzta qui projette de céder sa participation "de négocier une cession à des conditions attrayantes".
La cession par Aryzta de sa participation de 49,5 % dans le capital de la société de surgelés Picard pourrait encore se faire attendre. Ce projet de désengagement fait partie des options stratégiques envisagées par le spécialiste de la boulangerie industrielle, depuis qu’il a rencontré des difficultés en Amérique du Nord qui ont pesé sur ses comptes. Il y a plus d’un an, la banque Rothschild avait même été mandatée par les actionnaires d’Aryzta afin d’examiner différentes solutions concernant l’avenir du groupe de surgelés. Plusieurs pistes avaient alors été étudiées, de la cession classique à une introduction en Bourse, mais aucune décision n’avait filtré (Agra Alimentation du 15 mars 2018).
Or, dans une étude publiée le 1er juillet 2019, Jean-Philippe Bertschy, l’analyste spécialiste de la valeur chez Vontobel Research, estime que le moment n’est pas le mieux choisi pour Aryzta de vendre cette participation. Une hypothèse qu’il justifie sur la base des comptes annuels de Picard, publiés le 28 juin. Des chiffres dont l’accès est réservé "à ses investisseurs et actionnaires ", précise le groupe de surgelés.
Des perspectives limitées
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Ainsi, Picard affecté par les "troubles sociaux en France et à la baisse de confiance des consommateurs", a vu ses ventes en France (elles représentent 96 % du total) baisser de 2,9 % à données comparables sur l’ensemble de l’exercice 2018/2019 (clos le 31 mars), à 1,42 Mrd€ et sa marge d’Ebitda perdre 70 points de base à 13,6 %. Dans le même temps, son free cash-flow (FCF) a diminué de 22,7 % à 100 M€, tandis que sa dette nette a augmenté de 40 M€, pour atteindre 1,449 Mrd€. Et compte tenu du climat social et des conditions de marché de plus en plus difficiles en France, "les perspectives de croissance de Picard sont limitées", estime l’analyste de Vontobel Research.
Ce dernier rappelle que depuis 2015, date du rachat de 49,5 % du capital de Picard par Aryzta pour 447 M€, soit 11,7 fois l’Ebitda, "les ventes (de Picard, ndlr) n’ont que légèrement augmenté, tandis que l’Ebitda est resté inchangé et que la production de FCF a considérablement diminué". Et de conclure, que compte tenu de ces résultats, il serait difficile pour Aryzta "de négocier une cession à des conditions attrayantes".