Sortie de crise ? Un air de reprise souffle en effet mais il ne vient pas d’ici. La zone euro reste handicapée par des tours de vis fiscaux et budgétaires qui créent plus de chômage que de croissance et dont peuvent s’inquiéter les industries de grande consommation. Au plus fort de la tourmente financière et économique, les échanges ont été freinés brutalement, provoquant un grave trou d’air pour nos exportations agroalimentaires. On s’est consolé un temps parce que la consommation intérieure résistait bien depuis deux ans. Avec les hausses de prix qu’implique la flambée des matières premières, il n’est pas sûr que cela soit durable. En tout cas pas assez pour satisfaire les entreprises les plus ambitieuses. Les grands gagnants aujourd’hui sont en fait ceux qui profitent du rebond rapide des économies émergentes. C’est ce qui a fait l’an dernier le bonheur des exportateurs vers les pays tiers comme des entreprises déjà bien implantées sur ces marchés. Même si leur redémarrage a été plus lent en Europe, nos ventes de vins et spiritueux – tirées par l’Asie et les USA – se rapprochent de leurs records. La nouvelle donne mondiale confirme aussi le bien-fondé des choix du premier groupe alimentaire français : Danone n’aurait pas obtenu d’aussi bons résultats s’il ne les tirait désormais à 60 % des pays émergents (Russie et… Etats-Unis inclus) où sa croissance est à deux chiffres et ses marges plus près de 20% que de 10 %. Mais cela ne peut aller sans réciprocité : ainsi l’on a vu des Chinois pointer leur nez dans le dossier Yoplait et c’est un autre Chinois qui crée, aux portes d’Entremont, une usine de poudre de lait…
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