L’assurance multirisque en agriculture n’a pas convaincu. Le produit ne séduit pas les agriculteurs qui sont peu nombreux à y souscrire. Lorsqu’ils y souscrivent, ils sont souvent déçus, car l’indemnisation fait parfois défaut, les seuils de déclenchement étant trop hauts.
Et puis, il y a un phénomène culturel. Avec près de soixante années de Politique agricole commune, les agriculteurs se sont davantage accoutumés à un filet de sécurité des pouvoirs publics qu’à des systèmes privés. Plus récemment, le principe du fonds de garantie contre les calamités agricoles constituait un autre recours même si de plus en plus de productions n’y ont plus droit parce qu’ils sont assurables.
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En tout cas, un agriculteur a tendance à croire, légitimement, que la solidarité publique jouera son rôle en cas de gros pépin. Normal, puisque ces pépins sont dus à des calamités sur lesquelles les paysans n’ont pas de prise.
Raisons économiques, causes culturelles, les freins à la souscription d’assurances récoltes sont trop nombreux pour ne pas justifier la mise en place d’un système obligatoire. C’est seulement à cette condition que la mutualisation sera suffisamment étendue pour que les contrats deviennent vraiment intéressants. Il faut en réduire le coût (la subvention publique ne sera pas toujours là) et surtout réduire les seuils de déclenchement. Cela ne peut se faire qu’avec le plus grand nombre possible de souscripteurs. Certains imaginent conditionner des prêts bancaires ou des aides Pac à la souscription d’un contrat d’assurance. En tout cas, la situation actuelle n’est pas tenable.