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Au Brésil, une ministre de l’Agriculture défenseure de la propriété foncière

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Les annonces faites par Tereza Cristina après sa désignation au gouvernement se focalisent sur la protection de la propriété privée au plan national et sur l’ouverture des marchés d’exportation.

La députée de l’État du Mato Grosso do Sul, Tereza Cristina doit prendre ses fonctions de ministre de l’Agriculture le 1er janvier prochain. Au sortir de sa première réunion avec le président élu, Jair Bolsonaro, à Brasília, juste après sa désignation, le 8 novembre, Tereza Cristina a déclaré à la presse que sa priorité est « la défense de la propriété privée [foncière] des agriculteurs et des éleveurs qui sont victimes ou qui se sentent menacés par l’occupation illégale de leur terrain par des membres du Mouvement des paysans sans terre ou des communautés indigènes ».

Elle a aussi dit que « les agriculteurs veulent un ministère plus moderne, obtenant des accords commerciaux. Chaque fois qu’ils reçoivent un appel [du marché international], les agriculteurs y répondent. Nous devons identifier les goulets d’étranglement à l’export », a-t-elle dit.

Représailles

Selon l’analyste Paulo Molinari, du cabinet de conseil Safras e mercados, « le cap [du nouveau gouvernement] sera mis sur des échange d’offres plus justes dans le cadre des négociations bilatérales. Le gouvernement devrait réagir plus durement que l’actuel face aux tributs prélevés sur les aliments du Brésil à la douane de certains pays et il pourrait avoir recours à des représailles, assure-t-il. Le segment des viandes, particulièrement touché chaque année, pourrait bénéficier d’un traitement à part. »

Tereza Cristina était depuis 2015 la présidente du Front parlementaire agricole, à la Chambre des députés, à Brasília, qui en rassemble trente, dont Onyx Lorenzoni, le futur chef de la chambre civile, un poste proche de celui d’un Premier ministre.

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Ancienne secrétaire d'Etat au Mato Grosso do Sul

Auparavant, elle avait été secrétaire d’État au Mato Grosso do Sul, chargée des affaires agricoles de 2007 à 2014, période pendant laquelle la production de soja et de maïs, dans cet État, a crû de plus de 10% par an. « Elle-même est cheffe d’un élevage de bovins, poursuit Paulo Molinari. À la tête du ministère, elle limitera les excès des institutions publiques qui portent atteinte à la filière. »

Parmi les prétendus « excès » de la sphère publique brésilienne, Tereza Cristina a fustigé les amendes infligées aux éleveurs installés sur des domaines situés en zone protégée. Elle a promis de mettre fin à « l’industrie des amendes » [suite à la constatation d’infractions d’ordre écologique] tout en promettant plus de souplesse dans les demandes d’autorisation d’exploitation, ceci au nom d’une agriculture désormais considérée a priori comme une activité de développement durable.

Aussi, elle a enjoint par avance, par voie de presse interposée, le ou la futur(e) ministre de l’Environnement, à s’y atteler. Son ministère ne devrait donc pas intégrer celui de l’Environnement, comme il en était encore question au lendemain de la victoire électorale de Jair Bolsonaro. Toutefois, son opinion ainsi que celle du Front parlementaire agricole devraient déterminer le choix du responsable national des affaires écologiques au Brésil, selon la revue Isto É.

Le segment des viandes pourrait bénéficier d’un traitement à part