Cette fois, les grands de ce monde se penchent sur la crise alimentaire mondiale. Certes ils le font un peu vite en passant à la tribune offerte par la FAO pendant trois jours. Chacun y défend sa propre vision, depuis le secrétaire général de l’ONU, le directeur de l’OMC, le président Lula… jusqu’à d’autres, pas vraiment souhaités, comme ceux d’Iran ou du Zimbabwe. Et s’en prend, au choix, à la spéculation, aux subventions agricoles des pays développés, aux biocarburants, aux OGM,… Qu’un plan d’urgence puisse en sortir serait le minimum, encore que l’ardoise présentée par Jacques Diouf ne cesse de s’alourdir. Mais au-delà de l’action immédiate contre les famines ou pour que les agriculteurs les plus pauvres aient quelque chose à semer cette année, se dégagera-t-il les prémisses d’une politique alimentaire internationale ? Le président Sarkozy s’est fait incisif contre les grandes organisations type Banque mondiale ou FMI qui ont détourné les pays pauvres de l’agriculture vivrière en privilégiant les cultures d’exportation. S’il est suivi, un groupe permanent pourrait utilement relier des compétences demeurées bien trop morcelées entre FAO, Banque Mondiale, Cnuced, PNUE, FIDA, OMC et quelques autres. Quand bien même, ce n’est pas un groupe d’experts qui suffit à entraîner des volontés. Il restera le plus dur à faire : décider de revenir aux investissements dans la production primaire pour doubler la production d’ici 2050 et sortir les marchés agricoles de leur désordre permanent à travers un système de régulation réellement international.
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