L’édition 2018 du salon des vins de Loire, qui se tient chaque année début février, a plus que jamais affirmé la diversité régionale du vignoble ligérien et les circuits courts. Elle a donné à voir les efforts de ce vignoble qui cherche à approfondir la diversité de ses vins auprès des cavistes, des restaurateurs et des importateurs étrangers.
Le salon des vins de Loire, qui est un salon d’acheteurs professionnels, s’est tenu à Angers les 5 et 6 février. Il a mis en avant les multiples facettes de ce vignoble qui s’étend des contreforts de l’est de l’Auvergne à l’estuaire de la Loire. Il est au centre d’une série de salons viticoles réservés aux professionnels, qui se tiennent à Angers cette année du 2 au 11 février, où y sont présentés cuvées et millésimes des vignerons : « la levée de la Loire », « le salon Demeter », « le salon St-Jean », « les Pénitentes », « les anonymes », « la dive bouteille ». Cette mosaïque de salons rassemblés dans l’événement « Food’Angers - vins de Loire & gastronomie » qui compte plus de 900 exposants et 10 000 acheteurs professionnels, dont près de 1 000 internationaux, est soutenue par Angers Loire Métropole, la communauté de communes autour d’Angers. L’objectif est de donner aux vins de Loire « une visibilité maximale ».
Public de connaisseurs et petits volumes
Le Salon des vins de Loire est destiné à un public de connaisseurs hors grands négociants ou grands exportateurs : cavistes, sommeliers, restaurateurs, journalistes du vin. « La contrepartie de ce positionnement, c’est qu’il s’agit à chaque fois des petits volumes qui sont traités », a indiqué Philippe Boucard, vigneron et président de l’appellation Bourgueil (surtout de vins rouges). Ce public de connaisseurs cherche des vins « signés ». « Derrière les comptoirs des stands, on trouve peu de commerciaux, mais surtout des vignerons », qui décrivent les caractéristiques de leurs produits et les expliquent.
Dans cette logique des petits volumes, le salon a permis de rencontrer des professionnels entreprenants, tels Bernard Reutenauer qui s’est lancé en 2014 dans la vente de vin aux particuliers (1). Son associé et lui vendent ainsi des bouteilles, qu’ils livrent eux-mêmes pour mieux faire connaître le produit, par petits lots. Bernard Reutenauer dessert une partie importante de ses clients franciliens en transports en commun : « C’est plus écologique et aussi plus rapide ».
L’exportation des saveurs, un objectif de la chambre régionale
L’exportation n’échappe pas à cette approche de la commercialisation : « Nous exportons également, mais c’est, là encore, “de l’épicerie” », a poursuivi Philippe Boucard. Quelque 10 % à 15 % des visiteurs sur le salon sont des visiteurs étrangers. Une délégation de 9 acheteurs a été accueillie par le salon, a indiqué Aurélie Cesbron, directrice de Food’Loire, service de la chambre régionale d’agriculture des Pays de la Loire qui propose aux entreprises des filières viticoles, agroalimentaires et horticoles un accompagnement sur mesure sur les marchés porteurs.
La part de l’exportation des vins de Loire s’est accrue de 4 % pendant la campagne viticole 2016-2017. Les États-Unis sont devenus le premier pays client du vignoble ligérien en valeur, passant devant le Royaume-Uni, a précisé Aurélie Cesbron.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Le muscadet cherche à améliorer son image
Une des conférences qui s’est tenue le 5 février au salon des vins de Loire avait pour thème « les terroirs de muscadet, terroirs d’avenir ». Le muscadet est dans l’esprit des consommateurs d’entrée de gamme qui va bien avec les fruits de mer, mais qui manque d’authenticité et de diversité, a constaté François Robin, porte-parole de la Fédération des vins de Nantes, avant d’ajouter : « Mais nous sommes confiants ». En effet, le vignoble nantais hiérarchise sa gamme avec l’apparition d’appellations communales qui correspondent à des sols moins profonds, plus rocailleux, et à des durées d’élevage de 24 mois minimum au lieu d’un an, a-t-il détaillé. Depuis 2011, trois appellations communales ont été reconnues et quatre le seront en 2018. De plus, « nous avons une génération de vignerons trentenaires ou quadras qui reviennent au vignoble après s’être enrichis à l’extérieur ». La fédération des vins de Nantes espère que des maisons de négoce « emmèneront le muscadet à l’export ».
L’objectif est de donner aux vins de Loire « une visibilité maximale »
« Derrière les comptoirs des stands, on trouve peu de commerciaux, mais surtout des vignerons »
(1) « www.lacavedespotes.com ».
Un jeune agriculteur installe ses poules dans les vignes
Gabriel Simon, 23 ans, fils de restaurateurs, rencontré au salon des vins de Loire, fait partie des profils "hors cadre familial" qui s’installent sur des systèmes atypiques. Nouvel agriculteur depuis décembre 2017, il élève 250 poules qui ont comme parcours les vignes familiales. Il évite ainsi l’épandage d’herbicides et d’insecticides. Et il vient de commencer un élevage de 400 poules dans un bois de 2,5 ha. Toutes sont de races anciennes et rustiques (Gélines de Touraine, Coucous de Rennes, Gournays de Normandie, Marans des Charentes), ce qui permet de les nourrir au grain entier et de faire l’impasse sur les tourteaux. L’élevage dure huit mois au lieu de trois pour le poulet de Loué. Il élève aussi 100 canards gras et est prêt à démarrer un élevage de cailles parce qu’il a décelé une demande sur les réseaux sociaux. Le jeune agriculteur s’associe avec des vignerons pour vendre pâtés, rillettes et confits dans des caves.