Plusieurs dizaines de membres de la Confédération paysanne ont défilé devant le stand de la Safer au Salon de l’agriculture le 26 février pour protester contre l’organisme de contrôle du foncier agricole. Elle l’accuse de « battre campagne depuis plusieurs mois » afin « d’obtenir des promesses de vente » de la part de propriétaires de terres agricoles situées autour de sites nucléaires dans le Centre, la Vienne et l’Ain.
Le but, selon le syndicat : « étendre ces centrales » ou « stocker des déchets » au profit d’EDF. « Nous n’avons aucune information sur ces conventions », déplore toutefois Cécile Muret, secrétaire nationale de la Conf'. Répondant aux manifestants, Muriel Gozal, directrice générale à la FNSafer, a indiqué qu’il s’agissait seulement « d’études », réalisées pour le compte de l’État dans le cadre du futur « démantèlement partiel de ces centrales ».
« Aucune rétrocession n’est actée pour le moment », a-t-elle ajouté. « Nous regrettons que la Safer mène ce type d’action, alors qu’elle est censée défendre les paysans et les petites exploitations », s’est insurgée Cécile Muret, secrétaire nationale de la Conf'. Selon le syndicat, près de « 3 000 hectares » seraient concernés.
Le matin même, le syndicat a également présenté ses propositions pour la future loi foncière promise par Emmanuel Macron, lors de son discours le premier jour du salon. Parmi ces mesures, il propose de réformer les Safer, en leur ôtant leur « statut ambiguë de droit privé », qui permet « un fonctionnement opaque ».
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Pour le syndicat, la transformation des Safer en « organisme public », permettrait « d’accroître la transparence ». Il appelle également à augmenter « les moyens budgétaires » de ces organismes, grâce à une « fiscalité propre et adaptée ».
La Conf' milite par ailleurs pour imposer le « zéro consommation » des terres agricoles. Elle refuse ainsi les mécanismes de compensations de terres, appelant plutôt à placer le foncier agricole sous une « protection absolue ».
« Aucune rétrocession n’est actée pour le moment »