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Viandes Augmentation de la taxe d’abattage : un poids pour la compétitivité

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Un arrêté ministériel, publié le 7 décembre, fixe une augmentation de 10% de la taxe d’abattage. Surprise du côté de l’interprofession, qui n’attendait cet arrêté qu’en juillet 2012. Sauf qu’il entrera en vigueur au 1er janvier 2012. Dans un contexte économique et financier où la compétitivité des filières est au cœur des préoccupations, l’interprofession regrette le déroulement des évènements.

Un arrêté ministériel, publié le 7 décembre, modifie les taux de la taxe d’abattage destinée au financement de l’élimination des sous-produits en les augmentant de 10%. « Cette décision qui a été faite sans concertation avec la profession représente 10 millions d’euros pour les entreprises d’abattage », a déploré Dominique Langlois, président de l’interprofession viande et de la FNICGV (fédération nationale de l’industrie des viandes) lors d’une conférence qui se tenait à Paris le 7 décembre. La profession a été surprise par cette décision de l’Etat, car l’arrêté était attendu pour juillet 2012. « La FNICGV dénonce cette façon de procéder », a réagi la profession dans un communiqué de presse le même jour. En l’état, l’arrêté entrera en vigueur au 1er janvier 2012.

Non respect du principe pollueur-payeur

« Le gouvernement contrevient à la règle du principe pollueur-payeur en faisant supporter aux abatteurs le coût de l’équarrissage des animaux morts dans les élevages », souligne la FNICGV. Depuis le 1er janvier 2009, les éleveurs participent au financement de l’équarrissage sous forme d’une CVO (cotisation volontaire obligatoire) payée à l’association ATM (Animaux trouvés morts) en charge de la gestion de l’équarrissage. Pour leur part, les abatteurs participent au financement de l’équarrissage avec le paiement de la taxe d’abattage. En augmentant le taux de cette taxe, « l’Etat augmente la fiscalité sur les viandes ». De fait, les entreprises d’abattage devront répercuter ces surcoûts vers la distribution.

Un poids pour la compétitivité de la filière française

« Le financement de l’équarrissage est un coût pour la filière française », a expliqué Anne Mottet de l’Institut de l’élevage, lors du congrès international des 3R qui se tenait les 7 et 8 décembre à Paris. C’est au cours d’une conférence sur la comparaison des filières bovines françaises et allemandes que l’équarrissage a été évoqué. En Allemagne, l’Etat assure une part significative du financement de l’équarrissage selon les régions. En France, son financement est supporté en grande partie par les éleveurs et les abatteurs. Or, la compétitivité de la filière est au cœur des préoccupations. Dans ce contexte, les professionnels de la viande regrettent l’anticipation de l’entrée en vigueur de l’arrêté dans la mesure où « les abatteurs doivent déjà supporter le coût de l’élimination des déchets des animaux morts dans les élevages ».

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