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Augmentation du périmètre coopératif

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Malgré un contexte difficile pour l’agriculture et l’agroalimentaire, les coopératives ont fait progresser leur chiffre d’affaires en 2010, le portant de 80 à 82,4 milliards d’euros, en grande partie grâce à des opérations de croissance externe. En effet, le volume de chiffre d’affaires acquis par la coopération agricole en 2010 s’élève à près de 2,5 milliards d’euros, selon l’Observatoire du périmètre coopératif établi par Coop de France. Dans le même temps, le volume cédé par le secteur coopératif au secteur privé est d’une soixantaine de millions d’euros. Le solde (acquisitions – cessions) se retrouve donc très largement positif de 2,4 milliards d’euros contre -230 M EUR en 2009.

En 2010, le poids de la coopération agricole, agroalimentaire et agro-industrielle s’est notablement renforcé. Et même si 2009 avait été affecté négativement par l’abandon du groupe coopératif Socopa au groupe privé Bigard, sur moyenne période le périmètre coopératif n’a cessé de s’élargir, remarque Coop de France en publiant à nouveau les résultats de son observatoire économique.
A posteriori, on distingue en réalité plusieurs périodes : déjà, entre 2000 et 2003, les opérations de croissance externe menées par les coopératives et leurs filiales avaient fortement augmenté en valeur, en raison de plusieurs grandes acquisitions comme les Grands Moulins de Paris ou Béghin Say par exemple. Puis un ralentissement des opérations avait été observé de 2003 à 2007, tant en valeur qu’en nombre : 92 opérations en 2003, 56 en 2007. Les rapprochements entre coopératives suivent la même tendance : 69 en 2003, 21 en 2007. Mais 2008 a marqué une rupture tout à fait positive pour le secteur coopératif, et qui s’est poursuivie en 2009 pour se confirmer clairement en 2010 avec déjà 79 opérations sur les 10 premiers mois de l’année, dont 45 pour les seuls mouvements entre coopératives.

Trois types de stratégie
Comme en 2009, l’évolution du périmètre coopératif a répondu cette année à trois types de stratégie, le développement international, le renforcement des leaders coopératifs et les partenariats.
La première de ces stratégies a caractérisé les opérations de Limagrain qui, à travers sa filiale Vilmorin, a investi en Inde et en Argentine dans les semences, d’Axéréal qui a repris l’activité malt de l’irlandais Greencore, de Cristal Union devenu partenaire du groupe agroalimentaire algérien LaBelle, ou de Tereos partenaire du brésilien Petrobras.
La recherche de leadership dans leur métier a motivé des rapprochements nombreux dans les secteurs céréales-approvisionnement, mais aussi dans le vin (entre autres, fusion des caves de Bully et de Quincié dans le Rhône, des Vignerons de Calvisson et des Grands Grès dans le Gard avec la cave des Vignobles du Soleil) ; en fait, toutes les filières ont été concernées, notamment dans l’Ouest : Cam 56, Eolys et Coopagri Bretagne donnent naissance à Triskalia ; Gastronome, filiale de Terrena, et le groupe Maïsadour créent une entité commune, les Fermiers du Sud-Ouest ; reprises des activités alimentation et productions animales d’Unicopa (29) par Nutréa Nutrition Animale, filiale de Triskalia et Terrena ; les coopératives porcines LT (29), PBO (22) et Pigalys (29) fusionnent dans Aveltis ; reprise d’Entremont Alliance par Sodiaal,…
Enfin, des partenariats ont été noués entre le secteur coopératif et les entreprises d’aval à capitaux familiaux pour peser davantage dans les négociations commerciales ou élargir ses palettes d’activités. Ainsi, les entreprises coopératives et les industriels non coopératifs de seconde transformation jouent désormais la carte de l’association ou de la prise de participation :
– Jacquet, filiale de Limagrain, rachète la Crêperie Lebreton au Groupe Soufflet ;
– accord entre les groupes Terrena et Bigard en vue de la reprise de 4 sites industriels du Nord et de l’Est de la France ;
– la Covia prend le contrôle de la société Vendée Loire viandes ;
– Tereos prend le contrôle du groupe « Quartier français » à la Réunion ;
– Serasem, filiale d’InVivo, rejoint le pôle recherche de RAGT Semences tandis qu’InVivo entre dans le capital de RAGT, etc.
Au total, en 2010, si le nombre d’opérations diminue, celui du volume de chiffre d’affaires échangé augmente par rapport à 2009. Le volume de chiffre d’affaires acquis s’élève à 2 459 millions d’euros alors que le volume cédé est d’une soixantaine de millions d’euros. Le solde (acquisitions – cessions) se retrouve donc très largement positif de 2.401 millions d’euros contre -230 millions d’euros en 2009.
Au final, le chiffre d’affaires global des entreprises coopératives et de leurs filiales est évalué à 82,4 milliards d’euros pour 2010 et leurs effectifs s’élèvent à 150 000 personnes.

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