Abonné

Aura et Concordis visées par l’Autorité de la concurrence

- - 3 min

Alors que les négociations commerciales battent leur plein, les centrales d’achat européennes vont être regardées de près par le gendarme de la concurrence. Everest affirme de son côté respecter pleinement Egalim.

C’est une première, et c’est le signe que la pression monte d’un cran sur les centrales d’achat européennes. L’Autorité de la concurrence a annoncé le 9 janvier qu’elle engageait, pour la première fois, une procédure de bilan concurrentiel concernant les centrales d’achat Aura (Intermarché, Auchan et Casino) et Concordis (entre Carrefour, la Coopérative U et le groupement allemand RTG).

« Le bilan concurrentiel s’intéressera aux effets des accords examinés, d’une part, sur le marché amont de l’approvisionnement en produits de grande consommation et d’autre part, sur le marché aval de la distribution au détail de produits à dominante alimentaire. En parallèle, seront examinés l’impact de ces alliances sur le consommateur final, notamment les éventuelles baisses des prix sur les marchés aval », indique l’Autorité.

Le bilan concurrentiel est un dispositif législatif introduit par la loi Egalim 1 de 2018, qui complète l’obligation de communication d’un accord à l’achat avant sa mise en œuvre. Les tiers intéressés par ce bilan peuvent envoyer leurs observations aux services d’instruction de l’Autorité avant le 6 mars pour Aura et le 31 juillet pour Concordis. Le bilan concurrentiel sera rendu public fin 2026 concernant l’accord Aura et en 2027 concernant l’accord Concordis.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

concurrence
Suivi
Suivre
distribution
Suivi
Suivre

Justifications d’Intermarché

Quelques jours plus tard, le 14 janvier, Intermarché s’empressait de se justifier sur la centrale d’achat néerlandaise Everest à laquelle il participe. Celle-ci respecte les obligations de la loi Egalim pour les produits vendus en France : c’est ce qu’a affirmé Thierry Cotillard, patron du groupement les Mousquetaires (Intermarché) lors d’une audition devant la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale.

Intermarché et l’allemand Edeka font partie de cette centrale. Les contrats sont négociés aux Pays-Bas, mais, pour les produits destinés au marché français, une annexe permet de se conformer à la loi Egalim. « La matière première agricole est respectée au niveau d’Everest, a-t-il indiqué, mais on veut aussi négocier la matière première industrielle ». Thierry Cotillard souhaite une transparence imposée aux industriels par la loi, ce qui lui permettrait de connaître le prix de la matière première agricole ; 52 grands industriels européens négocient avec Everest, selon son p.-d.g. Gianluigi Ferrari, également auditionné par les députés. Les ETI, PME et coopératives sont exclues de la négociation avec la centrale européenne. Son chiffre d’affaires a atteint 8 Md€ en 2025 et devrait atteindre 13 à 14 Md€ en 2026, selon lui.

CB

Le bilan concurrentiel s’intéressera aux effets des accords à l’amont comme à l’aval